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Publié le • Modifié le

Iran: de lourdes sanctions américaines frapperont de nouveau le pays mardi

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Le retour des sanctions américaines inquiète les Iraniens. ATTA KENARE / AFP

Une première vague de sanctions américaines doit entrer en vigueur mardi 7 août à 04h01 TU (00h01 à Washington). C'est la conséquence du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien en mai dernier. Donald Trump a estimé que Téhéran ne respectait pas son contrat en continuant ses activités nucléaires. Le retrait américain a été dénoncé par les autres parties à l'accord, les Européens notamment. Mais cela n'a rien changé. En Iran, les conséquences se font déjà ressentir.


Blocage des transactions financières, du commerce de matières premières ou encore interdiction d'importer des voitures fabriquées en Iran. Le retour des sanctions américaines inquiète les Iraniens, car ces mesures devraient aggraver la situation économique déjà catastrophique dans le pays.

Après l'annonce du retrait américain de l'accord sur le nucléaire, en mai dernier, le rial, la monnaie iranienne, a chuté, ce qui a provoqué une augmentation des prix de tous les biens de consommation courante et des mouvements de contestation dans le pays.

Avec les sanctions, les Etats-Unis veulent mettre la pression sur l'Iran. Soit pour pousser le régime de Téhéran à négocier un autre accord sur le nucléaire, beaucoup plus restrictif que l'ancien, soit pour pousser les dirigeants dehors. C'est ce qu'espèrent les partisans d'une ligne dure à Washington. Ils comptent sur un mécontentement populaire pour renverser le régime. Mais cela ne sera pas forcément payant, car les sanctions risquent de renforcer le sentiment anti-américain.

Quoi qu'il en soit, la stratégie des Etats-Unis n'est pas toujours lisible. Donald Trump multiplie les déclarations contradictoires, se montrant un jour ouvert au dialogue et le lendemain menaçant vis-à-vis de l'Iran.

Les choix des Européens

Avec l'entrée en vigueur d'une première vague de sanctions américaines contre l’Iran, les entreprises européennes sont contraintes à des choix entre le marché américain et le marché iranien. Les options divergent en fonction des secteurs d'activité et des intérêts en jeu. A compter de mardi sont concernées les transactions financières, les matières premières, l'automobile et l'aviation commerciale.

Les Français Renault et PSA qui détiennent la moitié du marché des voitures neuves en Iran prennent des options différentes. Renault va se contenter de réduire son activité là où PSA a décidé de la suspendre. L'allemand Volkswagen, très présent aux Etats-Unis, va devoir renoncer au marché iranien.

Les groupes français Air Liquide et Total vont se désengager du pays, tandis que le gazier italien ENI juge plus prudent de ne pas reconduire un contrat qui s'achève. Et pourtant l’Italie était devenue le premier partenaire commercial européen de l'Iran.

Les compagnies aériennes britanniques British Airways et allemandes Lufthansa vont interrompre leurs vols directs vers Téhéran. Les banques allemandes ont annoncé leur retrait dès l'annonce des sanctions par le président Trump.

En revanche, le Français Sanofi, présent en Iran depuis une douzaine d'années, a décidé d'y poursuivre ses activités. Le groupe européen Airbus ne pourra continuer à livrer aux Iraniens les 100 avions commandés, car il utilise sur ses appareils des pièces fabriquées aux Etats-Unis.

(Re) lire : Iran: ATR livre 5 avions avant les sanctions américaines

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