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Territoires Palestiniens France Francophonie Culture

Publié le • Modifié le

Le Quai d'Orsay ferme l'Institut français de Naplouse en Cisjordanie

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La fermeture de l'Institut Français de Naplouse sera effective cet été. ©Consulat Général de France à Jérusalem

Le ministère des Affaires Etrangères Français a décidé d’arrêter les activités de l’Institut Français de Naplouse, l’une des plus grandes villes de Cisjordanie. Une décision incomprise par les Palestiniens francophones sur place qui signe aussi la disparition de la dernière représentation étrangère officielle dans le nord de la Cisjordanie.


De notre correspondante dans les Territoires palestiniens,

Niché sur une colline de Naplouse, l’Institut Français existe depuis un peu plus de trente ans dans cette ville très peuplée de Cisjordanie, plus de 150 000 habitants. Il est hébergé dans une superbe demeure ottomane et on y trouve une bibliothèque, des salles de cours qui accueillaient cette année près de 370 étudiants, un hall qui fait office de salle d’exposition et de salle de projection, comme dans tous centres culturels et d’enseignement du français.

Une fenêtre qui se ferme pour les habitants de Naplouse 

Le ministère des Affaires Etrangères a acté au printemps la fermeture de cet institut . Elle sera effective cet été. Ce n’est pas du goût des francophones de Naplouse qui ont lancé une pétition sur la plateforme change.org pour demander aux autorités françaises de revenir sur cette décision. Tala Shelbayeh, est l’une des signataires. Pour cette jeune Palestinienne, c’est un lieu d’ouverture sur le monde dans un territoire soumis aux restrictions de circulation : « L'Institut n'est pas seulement pour les étudiants en français, mais pour tout le monde. Nous sommes dans un pays enfermé. Nous n'avons pas beaucoup la possibilité de découvrir le monde extérieur. L'Institut français nous donne une grande chance de pouvoir le faire. C'est très bien pour les échanges culturels. Ce qui va se passer si l'Institut ferme, c'est grave parce que cela ne va pas d'être enfermés comme cela.»

Les motivations du ministère français des Affaires étrangères sont floues, et en tout cas ne sont pas officielles. Il ne s’agit que d’une question d’organisation selon les autorités françaises. Le consulat général de France à Jérusalem affirme que ce n’est pas une réduction des activités et de la coopération mais que c’est l’occasion de les développer hors les murs avec des partenaires locaux et que à l’image de l’engagement de la France dans la région, la présence culturelle française dans les Territoires Palestiniens reste forte avec trois autres Instituts français à Gaza, Ramallah et Jérusalem

Des raisons sécuritaires invoquées 

Cette décision intervient quelques mois à peine après l’affaire du chauffeur du consulat général de France à Jérusalem. En mars dernier, Romain Franck a été inculpé pour trafic d’armes entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Depuis, les diplomates européens sont soumis aux fouilles israéliennes à la sortie de la bande de Gaza, ce qui est en totale contradiction avec les conventions diplomatiques. Les agents consulaires français sont également restreints dans leurs déplacements en Cisjordanie, classée en zone orange donc déconseillée. Est-ce un excès de précaution? En tous les cas, avec l’Institut français de Naplouse qui ferme ses portes, c’est la disparition de la dernière représentation étrangère officielle dans le nord de la Cisjordanie.

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