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Syrie EI

Publié le • Modifié le

[Reportage] Syrie: neuf fosses communes découvertes dans la ville de Raqqa

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Les corps retrouvés à Raqqa sont ceux de personnes mortes à la suite de blessures liées au conflit. AFP PHOTO/RMC/STR STR / Raqa Media Center / AFP

Selon un rapport de Human Rights Watch publié la semaine dernière, il y aurait au moins neuf fosses communes dans la ville syrienne de Raqqa. L'ancienne capitale du groupe État islamique a vu ses combattants chassés par une campagne aérienne de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Selon Amnesty International, la même campagne aérienne a fait des centaines de morts parmi les civils. Aujourd'hui, les autorités locales affiliées au Conseil civil de Raqqa luttent pour faire face aux défis logistiques de la récupération des corps et fournir de l’information aux familles à la recherche de leurs proches disparus.


Avec notre envoyé spécial à Raqqa,  Filip Warwick

Mohammed Assad, médecin légiste, et son équipe sont à la recherche de restes humains. L’endroit de la ville auparavant connu comme le zoo est maintenant l'un des nombreux sites de Raqqa où se trouve un charnier.

Les fouilles s'interrompent et une couverture poussiéreuse est tirée du sol. Elle contient trois corps. « Dans cette tombe, nous avons les corps de trois enfants enveloppés ensemble. Le premier a environ 2 mois, le deuxième a 2 ans et le troisième a 3 ans », précise le docteur Assad.

En raison des combats intenses dans la ville, le médecin dit que les familles des victimes et les combattants de l'Etat islamique (EI) ont enterré les gens de la manière la plus rapide et plus simple possible. Les tombes étaient creusées à une faible profondeur et les corps étaient entourés de couvertures.

Le docteur Assad déclare que les gens sont morts de blessures liées au conflit : écrasés par des décombres, tués par des éclats d'obus, de balles de tireurs embusqués de l’Etat islamique ou des frappes aériennes de la coalition. Mais il se souvient aussi également d'un cas inhabituel.

« L'une des victimes semble avoir être exécutée. La tête était placée séparément du corps. Elle semblait avoir été tranchée par un objet pointu, comme un couteau ou quelque chose de similaire », explique-t-il.

Selon l'estimation du médecin, il y a ici environ 150 corps. Sur un deuxième site, un terrain de football, il pourrait y en avoir 200.  Et autour de 500 sur un troisième site.

Ce médecin ajoute que son groupe a reçu peu ou pas de soutien des ONG. Alors que Raqqa est actuellement sous le contrôle de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les ONG craignent les tensions entre le gouvernement syrien et la Turquie, où ils sont également présents.

Chronologie et chiffres clés