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Pologne Israël Seconde Guerre mondiale Benyamin Netanyahu

Publié le • Modifié le

Loi polonaise controversée sur la Shoah: Yad Vashem contredit Netanyahu

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Un visiteur dans le mémorial sur l'Holocauste de Yad Vashem, le 26 janvier 2014, à Jérusalem. EUTER/Baz Ratner

En février dernier, Varsovie avait adopté un texte menaçant de poursuites criminelles ceux qui accusaient la Pologne de complicité dans les crimes nazis. L'utilisation de l'expression « camps de la mort polonais » était ainsi interdite. Le gouvernement israélien l'avait dénoncé. Finalement, la semaine dernière, le texte a été amendé. Benyamin Netanyahu s'était alors félicité de cette évolution. Mais le centre mondial du souvenir de l'Holocauste à Jérusalem, Yad Vashem, estime que ce texte est toujours biaisé et dangereux.


Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Aux yeux de Benyamin Netanyahu, la nouvelle version de la controversée loi polonaise avait été expurgée de toutes « les clauses qui avaient entraîné un tumulte en Israël ». Pour le Premier ministre israélien, son gouvernement avait « rempli son devoir d'assurer la vérité historique sur l'Holocauste ».

Mais le centre mondial du souvenir de la Shoah, Yad Vashem, l'a vertement contredit, jeudi 5 juillet. Trois historiens de cette institution très respectée estiment que la déclaration conjointe faite la semaine dernière par les chefs de gouvernement des deux pays contient de « graves erreurs ».

Le gouvernement Netanyahu en difficulté

C'est le cas notamment, relèvent-ils, concernant le rôle du gouvernement polonais en exil durant la guerre. Pour Yad Vashem, il n'a pas agi résolument en faveur des Juifs, comme l'affirme le texte.

Les historiens de ce centre renommé jugent aussi que la nouvelle mouture de la loi polonaise n'empêchera pas des poursuites contre ceux évoquant le rôle de la Pologne dans ce génocide, créant ainsi une atmosphère d'intimidation pour les chercheurs et les artistes.

Le bureau du Premier ministre israélien se défend, assurant que l'historienne en chef de Yad Vashem avait été associée à la rédaction de ce communiqué. Mais le chef du gouvernement est mis en difficulté. Son propre ministre de l'Education demande désormais qu'il revienne sur cette déclaration commune.

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