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Yémen Arabie saoudite Défense

Publié le • Modifié le

Yémen: début de l'offensive pour reprendre Hodeida aux rebelles houthis

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Des miliciens fidèles au gouvernement du Yémen posent sur un char aux environs d'Hodeida. REUTERS/Stringer

Les forces progouvernementales yéménites annoncent avoir lancé l'assaut sur le port stratégique de Hodeida (ouest), tenu par les rebelles houthis. Cette offensive est appuyée par la coalition arabe en guerre au Yémen depuis plus de trois ans. Des ONG demandent à la France d'annuler une conférence sur le Yémen prévue le 27 juin à Paris, car elle est coorganisée par l'Arabie saoudite, partie prenante au conflit.


Sur les rives de la mer Rouge, Hodeida compte 600 000 habitants. C'est par ce port que transite une bonne partie des importations mais aussi l'aide destinée à la population du Yémen, pays pauvre plongé dans une terrible crise humanitaire depuis le début de l'intervention de la coalition arabe en 2015.

On mesure donc le risque que représente une offensive armée sur Hodeida. Opération militairement incertaine pour les forces loyalistes du Yémen, appuyées par la coalition arabe en guerre contre la rebellion chiite des Houthis mais aussi une opération potentiellement catastrophique pour la population locale et pour les Yéménites dépendants de l'aide internationale déjà insuffisante.

Sonnette d'alarme

Ces derniers jours, plusieurs ONG ont tiré la sonnette d'alarme, demandant notamment au président français Emmanuel Macron de faire pression sur les Saoudiens et les Emiriens, les principaux belligérants de la coalition. Ces ONG jugent « inconcevable » de maintenir la conférence humanitaire sur le Yémen prévue le 27 juin à Paris.

La France et l'Arabie saoudite sont coorganisatrices d'une conférence humanitaire sur le Yémen. L'annonce avait été faite lors de la visite il y a 2 mois du prince héritier Mohamed Ben Salman à Paris. Or l'Arabie saoudite bombarde depuis plus de trois ans le Yémen, en soutien aux forces loyalistes, contre les rebelles houthis. Et les civils en font les frais. C'est pourquoi 14 ONG, dont Care, demandent l'annulation de cette conférence humanitaire sur le Yémen.

« Il est absolument inconcevable de maintenir une telle conférence quand le coorganisateur est en train de mener une attaque contre des populations civiles en ce moment même au Yémen. Pour nous, la France ne peut pas être un pompier pyromane en fournissant des armes aux parties au conflit et en organisant une conférence humanitaire en appui aux populations. Pour nous il y a une véritable incohérence, donc on appelle le président Macron a condamner l'attaque sur Hodeida et à annuler cette conférence », affirme Fanny Petitbon, responsable du plaidoyer chez Care France.

Le ministère français des Affaires étrangères a réagi par un simple communiqué. Il indique que « seule une solution politique négociée, y compris à Hodeida, permettra de mettre fin de manière durable à la guerre au Yémen ».

Mardi, le président français a eu un entretien téléphonique avec le prince héritier d'Abou Dabi, Mohammed ben Zayed, pour l'appeler « à la retenue et à la protection des populations civiles ».

Un nouveau désastre humanitaire

Depuis trois jours, l'ONU était lancée dans d'intenses négociations pour tenter de préserver ce port stratégique où transite 70% de l'aide humanitaire dans un pays où plus 22 millions de personnes ont besoin d'une assistance vitale. Le représentant adjoint de la Suède à l'ONU, Carl Skau, apelle à un arrêt des opérations militaires par la coalition pour éviter une catastrophe humanitaire.

« Ce type d'escalade aura des conséquences sérieuses sur une situation humanitaire déjà dramatique mais cela va aussi ralentir les possibilités de ramener à la table des négociations les différentes parties. Donc nous appelons vraiment la coalition à mettre un terme à son offensive militaire et à relancer les négociations pour aboutir à un plan de paix. Le Conseil de sécurité doit soutenir les appels du Secrétaire général et de l'envoyé spécial pour se réengager dans des discussions et aboutir à une désescalade et à la retenue. Et maintenant nous consultons les autres membres du Conseil de sécurité pour voir quelles peuvent être les prochaines étapes. »

Selon le chercheur au CNRS Franck Mermier cette offensive sur Hodeida pourrait représenter un nouveau désastre humanitaire pour une population déjà plongée dans une intense détresse.

Cette offensive pourrait prendre du temps donc évidemment augmenter les tourments de la population yéménite, notamment de celle qui habite Hodeida, mais aussi pourrait étendre finalement le blocus exercé par l’Arabie saoudite et la coalition arabe contre les territoires sous contrôle houdhiste, donc entraver la distribution d’aide à ces territoires sous contrôle rebelle…
Franck Mermier, chercheur au CNRS 13/06/2018 - par Oriane Verdier Écouter

 

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