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Irak

Publié le • Modifié le

Législatives en Irak: le Parlement demande un recomptage manuel des voix

media
Un Irakien vote dans un bureau de Bagdad, dans le quartier de Sadr, lors des élections législatives le 12 mai 2018. REUTERS/Thaier al-Sudani

Près d’un mois après les élections législatives irakiennes, le Parlement sortant ordonne un nouveau décompte des voix. C’est une liste antisystème, emmenée par le leader nationaliste chiite Moqtada al-Sadr, qui avait remporté le scrutin du 12 mai dernier. Depuis, plusieurs personnalités politiques irakiennes qui ont perdu les élections n’ont cessé de réclamer un recomptage des voix voire même l’annulation du scrutin, dénonçant des fraudes.


« Le Parlement a pris des décisions importantes : d’abord les voix seront recomptées manuellement ». Il n'est plus question de prendre en compte les résultats du vote électronique, explique à RFI Ahmed Rushdi, conseiller diplomatique du président du parlement irakien, contacté à Bagdad par RFI.

« Deuxièmement, la Haute commission électorale est suspendue et remplacée par neuf magistrats. Il y a aura également un juge dans chaque province irakienne, qui supervisera le nouveau décompte des voix », ajoute le conseiller.

« Plusieurs enquêtes ont été menées et toutes ont conclu qu’il y avait eu des fraudes importantes surtout concernant le vote des Irakiens de l’étranger et des populations déplacés à l’intérieur de l’Irak », précise encore Ahmed Rushdi. Le vote des Irakiens de l'étranger et des déplacés dans certaines provinces a ainsi été annulé.

Une remise en question pas démocratique selon certains élus

A Bagdad, Muntadhar Al Zaidi, a célébré sa victoire il y a déjà quelques semaines. Elu député sa liste « Sairoune », la Marche pour les réformes, est arrivée en tête. Pour lui, remettre en question des résultats pourtant définitifs n’a rien de démocratique. « Les politiciens qui ont perdu n’ont pas digéré leur défaite et aujourd’hui ils essayent de faire barrage à notre projet et notre volonté de réformer le pays. Ils essayent de frauder pour gagner et se maintenir au pouvoir ».

Le scrutin du 12 mai avait été présenté comme un modèle de transparence, grâce notamment au vote électronique. « Les autorités ont investi des millions de dollars dans ces appareils de vote électronique mais comme les résultats ne leur conviennent pas... on nous dit aujourd’hui il faut un recomptage manuel. Ce n’est pas sérieux il y a clairement des risques de fraudes mais nous allons mobiliser des observateurs. Nous ne permettrons pas une falsification des résultats ».  

En plaçant une liste antisystème en tête les Irakiens, ont clairement exprimé leur rejet d’une classe politique jugée corrompue. Mais celle-ci ne semble pas disposée à quitter le pouvoir malgré sa défaite.

Après un long décompte et plusieurs reports de l'annonce officielle des résultats finaux, c'est l'alliance inédite entre le leader nationaliste chiite Moqtada al-Sadr et les communistes qui a remporté le scrutin législatif du 12 mai dernier en Irak avec plus de 50 sièges. Les listes des anciens du Hachd al-Chaabi, supplétif crucial de l'armée dans la victoire sur le groupe Etat islamique (EI), soutenue par l'Iran, et l'Alliance de la Victoire, conduite par le chef de gouvernement sortant Haidar al-Abadi sont arrivées au coude à coude en deuxième et troisième position.

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