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Irak Terrorisme EI

Publié le • Modifié le

Irak: élections sous haute surveillance

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Des familles irakiennes dans un café dans la capitale, Bagdad, le 11 mai 2018, veille de scrutin. REUTERS/Abdullah Dhiaa al-Deen

L'Irak vote ce samedi 12 mai et souhaite tourner la page de quinze années de guerre avec ces élections législatives. Depuis l'invasion américaine en 2003, le pays n'a connu que divisions, terrorisme et conflits confessionnels. Tout est donc fait pour que ce scrutin se déroule dans les meilleures conditions et les autorités prennent très au sérieux les menaces d'attentats du groupe État islamique (EI). À Bagdad, la sécurité est plus que jamais renforcée.


Avec nos envoyés spéciaux à Bagdad, Sami Boukhelifa et Richard Riffonneau

Les forces d'intervention spéciales prennent position dans le centre-ville de Bagdad. Comme tous les vendredis, les principaux axes routiers sont interdits à la circulation ce 11 mai. Des barrières et des barbelés bloquent désormais les principaux carrefours et passages. En ce jour de prière et veille de scrutin, le risque d’attentat est important : l'EI, battu en Irak, mais pas totalement éradiqué, dispose toujours de cellules dormantes à travers le pays. Les jihadistes menacent directement la tenue du scrutin. Alors, pas question pour les autorités de baisser la garde. Le dispositif sécuritaire est renforcé. Le déploiement des forces de l’ordre est important. Un couvre-feu entre en vigueur ce soir, la circulation sera partiellement interdite.

Le capitaine Mostafa Kadam a comme mission de déjouer toute éventuelle attaque terroriste. « Vous savez, nous les forces de sécurité, nous avons libéré notre pays, nous avons chassé Daech de notre territoire, mais il y a toujours des menaces. Alors encore une fois, nous sommes présents pour protéger notre patrie. C'est notre devoir de militaires. »

Loin des grands boulevards et de l'important dispositif sécuritaire, la vie continue dans le centre historique de la capitale. Sur les rives du Tigre, l’ambiance est à la fête. Bondé, le souk historique de Bagdad est plongé dans une atmosphère détendue. Les artisans y travaillent le cuivre, le cuir, il y a des dessinateurs... Car le vendredi est le rendez-vous des artistes et des poètes dans la vieille ville. Des concerts sont improvisés et l’oud, instrument musical traditionnel en Orient, raisonne dans les ruelles de Bagdad.

« L'époque de la terreur est révolue, lance le jeune avocat Ali Salah, sur place. L'Irak va de l'avant. Qu'est-ce qui peut nous arriver ? Mourir ? On est déjà morts plusieurs fois. Maintenant, il faut espérer un meilleur avenir pour notre pays. On verra... »

L'ambiance festive éclipse la menace terroriste. Et pourtant le risque d'attentat est bien réel. Usés par 15 années de chaos, les Irakiens le répètent désormais sans cesse : ces élections législatives sont un nouveau départ.


Le camp vainqueur de ces élections doit s’atteler à la reconstruction économique du pays, riche en pétrole mais ravagé par des années de conflit.

Peu diversifiée, ruinée par les guerres, l’économie irakienne dépend fortement du secteur des hydrocarbures, principal moteur de l’activité du pays. Il représente 51% du PIB et près de 90% des ressources budgétaires. Par conséquent, la situation financière du pays est soumise à la volatilité des cours mondiaux du pétrole, ce qui inquiète les autorités.

Le gouvernement cherche donc à développer l’agriculture et l’industrie hors hydrocarbure, mais pour y arriver, l’Irak a besoin de financements étrangers qui peinent à arriver.

Exemple, le gouvernement irakien estime avoir besoin de 88 milliards de dollars sur dix ans pour la reconstruction des maisons et des infrastructures. Mais il n'a récolté qu'un tiers de cette somme lors d’une récente conférence internationale de donateurs. Les investisseurs sont en effet très réticents à cause du climat d’insécurité, de l’instabilité politique et de la forte corruption qui mine l’administration.

De son côté, la population est frappée par le chômage et la pauvreté. Près de huit millions d'Irakiens vivent avec moins de 2,2 dollars par jour, et 1 enfant sur 4 vit dans la misère.  

Chronologie et chiffres clés