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Irak Haïdar al-Abadi

Publié le • Modifié le

L’EI très affaibli, l’Irak se prépare aux premières élections législatives

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Hadi al-Ameri, leader de Badr, milice chiite soutenue par l'Iran, présente son programme électoral pendant un meeting à Bagdad le 31 mars 2018, dans le cadre des élections législatives. REUTERS/Khalid al-Mousily

Le compte à rebours est lancé pour les élections législatives irakiennes qui se tiendront le 12 mai prochain, les premières depuis la conquête d'un tiers du pays par le groupe État islamique en 2014. La sécurité, la reconstruction et la lutte contre la corruption, ainsi que de meilleurs services publics, sont les principales thématiques de cette campagne, qui décidera notamment qui sera le Premier ministre pour les quatre prochaines années.


de notre correspondant à Bagdad,

Selon la Constitution, le poste est réservé à un chiite, communauté majoritaire dans le pays. Le président du Parlement lui est sunnite et le chef de l’État kurde.

On compte trois principaux concurrents, notamment l'actuel Premier ministre Haïdar al-Abadi. Fort d'une victoire militaire contre le groupe État islamique, sa liste électorale fait partie des favorites, notamment dans les territoires et villes reprises au groupe terroriste. À Mossoul, plusieurs résidents nous ont fait part de leur souhait de voir Abadi briguer un second mandat. Ce dernier est le candidat préféré des pays occidentaux, qui craignent notamment une trop grande influence de l'Iran si quelqu'un d'autre accède au poste. Haïdar al-Abadi est considéré comme moins influencé par l'Iran que ses concurrents. Ces dernières années, il a su entretenir des liens étroits avec des puissances aux intérêts parfois antagonistes, comme l'Iran donc, mais aussi les États-Unis, l'Arabie Saoudite et la Turquie.

Nouri al-Maliki, l'ancien Premier ministre, tente un retour

Un autre candidat est Hadi al-Ameri, leader de Badr, une milice chiite soutenue par l'Iran. Et puis enfin, Nouri al-Maliki, qui avait précédé Abadi au poste de Premier ministre. Malgré le fait qu'il est accusé dans les zones sunnites de porter la responsabilité de l'effondrement du pays face à l'assaut du groupe État islamique en 2014, Maliki conserve une influence politique certaine dans les zones à majorité chiite.

Des centaines de milliers de déplaces ne sont pas encore inscrits sur les listes électorales

Des centaines de milliers d'Irakiens en âge de voter ont été déplacés par la guerre contre le groupe État islamique et vivent dans des camps. Des députés sunnites et kurdes avaient alors tenté d'obtenir le report du scrutin jusqu’au retour des trois millions de déplacés par la guerre. Mais un tel report a été jugé contraire à la Constitution par la Cour suprême irakienne. Quoi qu'il en soit, la haute commission électorale et les Nations unies travaillent ensemble pour établir des bureaux de vote à l'intérieur de plusieurs camps pour déplacés. Et des candidats aux élections auront la permission de venir faire campagne dans ces derniers.

Cependant, à la mi-mars, seulement 300 000 des 1,6 million de déplacés en âge de voter étaient inscrits pour pouvoir voter depuis leur lieu d'exil. Ce vendredi 13 avril, la haute commission électorale étudie toujours de nouvelles façons d'enregistrer le plus grand nombre possible de personnes déplacées. Mais il semble désormais clair qu'une partie d'entre eux n'aura pas la possibilité de déposer leur bulletin de vote.

Chronologie et chiffres clés