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France Arabie saoudite Diplomatie Mohammed ben Salman

Publié le • Modifié le

En France, l'opération séduction du prince héritier saoudien MBS

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman arrive à l'hôtel Matignon pour une rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe lors de sa visite à Paris, le 9 avril 2018. REUTERS/Charles Platiau

Le prince héritier d'Arabie saoudite poursuit sa visite en France, au grand dam de plusieurs ONG qui tentent de se faire entendre, notamment en dénonçant les ventes d'armes françaises qui feraient des victimes civiles au Yémen. Un forum économique franco-saoudien est organisé à Paris ce mardi 10 avril. Au menu : culture, tourisme, investissements d'avenir et nouvelles technologies. Après le Royaume-Uni et les Etats-Unis, où il a signé de nombreux accords, le prince héritier cherche à courtiser les chefs d'entreprises français pour qu'ils viennent investir dans son pays.


En termes d'échanges économiques entre les deux pays, le bilan n'est pas très impressionnant. L'Arabie saoudite est le 21e marché à l'exportation de la France, même si elle est son premier partenaire dans le Golfe. Les achats français se composent presque exclusivement de pétrole, alors que le gros des exportations françaises repose sur l'aéronautique et le spatial. Loin derrière ce secteur : l'armement, les équipements électriques, l'agroalimentaire et les produits pharmaceutiques que les Saoudiens importent de l'Hexagone.

Les relations sont plus importantes en ce qui concerne les investissements directs étrangers. La France occupe la 3e place avec un stock de 12,4 milliards d'euros. Un montant modeste, car les entreprises saoudiennes de grande taille ouvertes aux participations étrangères restent rares. Du coup, la présence française se limite à l'immobilier, l'industrie chimique et pétrochimique. Les Français investissent aussi dans le transport, le commerce ou l'informatique.

A Paris, aucun accord mirobolant n'est attendu. Le président Emmanuel Macron cherche surtout à privilégier une nouvelle coopération avec le royaume, que Mohammed ben Salman prépare déjà à l'après-pétrole.

A 90%, le marché d'armement est aux mains des États-Unis...
Jean-Jacques Bridey, député LREM et président de la commission de la défense nationale et des armées 10/04/2018 - par Zeenat Hansrod Écouter

Réformes à marche forcée

Dans quelques semaines, les Saoudiennes auront le droit de conduire sur les routes de leurs pays, des cinémas vont prochainement ouvrir dans le royaume et des concerts ont été organisés ces derniers mois dans un pays connu jusque-là pour son rigorisme religieux. Ces changements spectaculaires sont attribués à Mohammed ben Salman, 32 ans, qui veut dessiner un nouveau visage de l'Arabie saoudite et qui pour cela s'appuie sur la jeunesse, dans un pays où la moitié de la population a moins de 25 ans.

« Il poursuit ce qui a été commencé dans le passé, mais il le fait à un rythme accéléré et d'une façon plus énergique et courageuse, explique Raedah Abunayan, membre du Majlis Al Choura, le Conseil consultatif saoudien dont les 150 membres sont nommés par le roi. Il appartient à la jeune génération et il parle à la jeune génération, il parle de technologies et il incarne une vision jeune de l'Arabie saoudite. »

Et le grand chantier de réformes du prince héritier s'appelle « Vision 2030 », un plan qui vise à propulser le royaume dans l'après-pétrole en ouvrant le pays aux investissements étrangers, en diversifiant l'économie et en introduisant en bourse une partie du géant pétrolier national Aramco, afin de constituer un fonds souverain de 2 000 milliards de dollars.

Il essaye de changer son image, il a un très bon service de communication, mais alors qu’il annonce quelques réformes, dans le même temps il réprime en lançant des arrestations massives. Le régime saoudien essaye de montrer une autre image aux médias occidentaux, pour qu’ils parlent d’autre chose que du conflit au Yémen, de ses problèmes avec le Qatar ou avec l’Iran. S’il voulait lancer de véritables réformes il devrait d’abord autoriser la liberté d’expression, et accepter les critiques. Mais il continue de se comporter comme un dictateur et n’accepte aucune critique. S’il faisait libérer les prisonniers de conscience, ce serait très positif pour son image. Mais au lieu de cela, il continue de faire arrêter des réformateurs et des défenseurs des droits de l’homme.
Yahya Assiri fondateur de l’ONG de droits de l’homme ALQST 10/04/2018 - par Véronique Gaymard Écouter

 

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