rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • Bande de Gaza: Israël frappe vingt-cinq objectifs en riposte à des tirs de projectiles (armée)

Football Sports Réseaux sociaux Internet Egypte

Publié le • Modifié le

Egypte: polémique autour des supporters ultras du club de football Al Ahly

media
Des supporters du club Al Ahly, lors du match opposant l'équipe au CF Mounana du Gabon, dans un match de ligue des champions, le 6 mars 2018, au Caire. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Les réseaux sociaux égyptiens sont secoués par une polémique autour des « ultras », cette ligue de supporters purs et durs du club de football Al Ahly Sporting Club. La polémique a éclaté après les violences qui ont suivi la semaine dernière un match de championnat d’Afrique entre le club le plus populaire d’Egypte et le CF Mounana du Gabon.


De notre correspondant au Caire,

Cela a commencé par des fumigènes qui ont failli faire annuler la rencontre. Mais la situation s’est dégradée en fin de match. Alors que le Ahly gagnait 4 à 0, les ultras ont commencé à détruire les sièges et les caméras de surveillance du stade du Caire avant d’aller à la confrontation avec les forces de l’ordre. Il y a eu plusieurs blessés et deux voitures de police incendiées. Les ultras ont aussi scandé des slogans contre la police et le pouvoir du président Sissi.

Le public avait été admis exceptionnellement à ce match. Un public dont la réputation de violence n’est plus à faire. En février 2012, 72 supporters du club Al Ahly avaient trouvé la mort dans des violences au stade de Port-Saïd et 22 supporters du club Zamalek étaient morts au Caire en 2015. Après ces violences il y a eu un déchaînement sur les réseaux contre les ultras.

« Des agents des forces du mal »

Nombreux étaient ceux qui appelaient au bannissement pur et simple de cette ligue, certains réclamaient l’arrestation de ses dirigeants, d’autres accusaient les ultras d’être des anarchistes ou pire, des « agents des forces du mal » cherchant à semer le chaos. Des internautes affirmaient que les violences avaient été orchestrées par des dirigeants du mouvement contestataire du 6 avril associés à la confrérie des Frères musulmans. La direction du club Al Ahly, qui vient de remporter pour la quarantième fois le championnat d’Egypte, a été prise à partie et sommée de dénoncer tous les ultras dont elle avait les noms. Huit personnes ont été placées en garde à vue.

Les derniers révolutionnaires

Ceux qui les défendent voient en eux les derniers révolutionnaires rescapés du soulèvement contre l’ex-président Moubarak en 2011. Les ultras du club Ahly avaient en effet activement participé aux manifestations de la célèbre place Tahrir qui avaient provoqué la chute de Moubarak. Les violences du stade du Caire et la confrontation avec les forces de l’ordre ont donc été perçues par ces internautes comme des « actes de résistance contre un pouvoir qui réprime toute contestation ».

Depuis 2013, le sport et surtout le football sont devenus un champ de propagande politique pour le pouvoir égyptien comme pour l’opposition. Chacune des deux parties cherchera à tirer profit des performances, honorables ou décevantes, des Pharaons lors de la Coupe du monde en Russie cet été.

Chronologie et chiffres clés