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Publié le • Modifié le

Israël: les ultra-orthodoxes bravent de plus en plus les interdits d'internet

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Dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, Israël. (Photo d'illustration) Getty Images

Les juifs ultra-orthodoxes sont actuellement au coeur d'une crise politique en Israël pour leur opposition au service militaire. On parle beaucoup d'eux également lors de leurs manifestations dans le cadre de la guerre du Shabbat en Israël. Certains d’entre eux sont farouchement opposés au sionisme. Mais on connaît moins leurs efforts pour s’intégrer à la société laïque qui les entoure. Internet est l'un de ces moyens, mais sous haute surveillance.


De notre correspondant

Les haredim, littéralement « les Craignant Dieu », sont des communautés de juifs ultra-orthodoxes particulièrement importantes à Jérusalem, à Bnei Braq dans la banlieue de Tel-Aviv et dans d’autres villes en Israël et également en Amérique du nord et en Europe. En Israël, ils représentent près de 10% de la population. Ils ne constituent pas un ensemble uniforme. Ils se consacrent à l’étude de la Torah. Et dans leur grande majorité rejettent la modernité.

Le monde interdit d'internet

Au départ Internet et les smartphones étaient totalement interdits pour la communauté ultra-orthodoxe. Il y avait notamment des affiches dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem appelant les visiteurs à ne pas s’approcher s’ils avaient sur eux des iPhones ou des téléphones similaires. Mais en 2005 un comité de rabbins a été mis sur pied pour se pencher sur la question. Et rapidement des décisions ont été prises. On peut désormais parler d’une ouverture vers cette modernité qu’ils craignent tant. 

Rimon.net, l'internet casher

Le réseau internet a été ouvert, ou plutôt entrouvert. Des filtres ont été mis en place pour permettre aux ultra-orthodoxes qui en ont le besoin d’utiliser cet outil devenu désormais indispensable dans bien des domaines. Le défi pour cette communauté consiste bien entendu à pouvoir surfer sur la Toile tout en respectant les règles de « pudeur » liées à la religion. C’est ainsi que des fournisseurs d'accès à internet se sont spécialisés dans les réseaux cashers.

Le service le plus populaire se nomme Rimon. Il permet de surfer sur internet en utilisant 4 filtres allant jusqu’au plus hermétique. Ce dernier ne permet l'accès qu’aux sites liés à l’étude de la religion et aux divers services administratifs. Le tout bien sûr sous la supervision du comité rabbinique. Autre détail : pas d’internet le shabbat bien évidemment, depuis le vendredi à la tombée de la nuit et jusqu’à samedi soir avec l’apparition de trois étoiles groupées dans le ciel. 

Un marché porteur

De nombreuses compagnies sont en concurrence pour proposer des téléphones approuvés par les rabbins. Ils n’ont pas pas la fonction SMS, ni d'accès à internet, à Facebook ou aux mails. Il n'y a même pas d'appareil photo. Et si vous téléphonez le shabbat, vous payez un tarif exorbitant. Par contre, on a accès à toutes les prières. De l’extérieur, cela peut être perçu comme une forme d'archaïsme mais en fait l’internet casher est une façon pour les haredim de se rapprocher du monde moderne, le monde qui les entoure, autour de leur quartier, mais dans lequel ils ne sont pas véritablement intégrés.

Chronologie et chiffres clés