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Irak Koweït Fouad Massoum

Publié le • Modifié le

[Reportage] Irak: la difficile construction psychologique de la jeune génération

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Des enfants jouent dans les décombres d’un bâtiment qui servait de base militaire à Daech, détruit par une frappe aérienne de la coalition. Hammam al-Alil, Irak, décembre 2016. © Lorenzo Meloni / Magnum Photos

Environ 1 900 responsables politiques, d'ONG et de représentants du secteur privé participent à la conférence pour la reconstruction de l'Irak qui s'est ouverte lundi 12 février au Koweit. Le pays a été ravagé par trois ans de guerre contre l'organisation Etat islamique. Deux à trois millions d'Irakiens sont aujourd'hui déplacés. Une partie d'entre eux vient de la région de Salahaddin, au sud de Mossoul. Derrière l'urgence de la reconstruction physique se cache également un autre défi : la construction psychologique de la jeune génération marquée à jamais par la guerre.


Avec notre correspondante à Erbil,  Oriane Verdier

Lorsqu'Amar, 11 ans, ne joue pas au foot, il rêve de sa maison d'avant, détruite lors des combats entre l'organisation Etat islamique et les forces irakiennes : « On avait tout construit et peint nous-même. On avait une télé, des placards. Mais aujourd'hui tout est détruit et plein de mines. »

Aujourd'hui, Amar habite dans une maison de fortune au milieu des ruines de Tikrit. Lui et sa famille ont passé deux ans sous l'autorité de l'organisation Etat islamique. Maintenant, sa mère fait tout pour que ses enfants reprennent une vie normale : « Sous Daech, j'interdisais à mes enfants d'aller à l'école. Mais maintenant ils ne les acceptent pas à l'école publique parce qu'ils sont trop âgés. Je suis allée au ministère de l'Education, ils ont refusé. »

En attendant, Amar est aidé par différentes organisations humanitaires afin que lui et ses camarades ne soient pas entièrement exclus de la société.

Safaa Ramadan de l'organisation Terre des hommes tente de repérer les enfants en besoin d'un suivi particulier : « Certains enfants sont encore terrorisés, ils ne communiquent plus. Cette génération aura des séquelles à vie. Si au moins ils avaient une maison dans laquelle être stable. Ce serait autre chose que de vivre sous une tente. Là, ils ne sont pas tranquilles. Ils ont peur pour leur vie ou d'être expulsés. »

Safa craint que cette nouvelle génération ne soit sacrifiée. Amar et sa famille ne sont pas près de rentrer chez eux. Plus de deux ans après la libération de leur ville, le gouvernement n'a toujours rien fait pour débuter la reconstruction.

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