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Arabie saoudite Religion Islam

Publié le • Modifié le

#MosqueMeToo: les femmes osent parler des agressions subies à La Mecque

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#MosqueeMeToo dénonce des abus sexuels, des viols, survenus lors du pèlerinage à la Mecque. REUTERS/Suhaib Salem

Le mot-dièse  #MosqueMeToo, «MosquéeMoiAussi» a été lancé sur le modèle de #MeToo pour dénoncer les cas de harcèlements et d’agressions sexuelles qui ont lieu lors du hadj, le traditionnel pèlerinage de La Mecque.


Le pèlerinage à la Mecque est considéré comme le cinquième pilier de l’Islam et rassemble plus de deux millions de personnes chaque année en Arabie saoudite. Un peu moins de la moitié des pèlerins sont des femmes et après #balancetonporc et #MeToo, c'est au tour d’un autre mot clef de devenir viral sur la Toile.

#MosqueMeToo a été lancé le 5 février par la journaliste et conférencière féministe américano-égyptienne Mona Eltahawy, mais «n'a suscité que peu d’intérêt avec seulement 317 republications sur les réseaux sociaux les premiers jours», explique-t-elle sur son fil Twitter. « J’ai créé ce mot clé pour partager mon expérience d’agression sexuelle pendant le hadj, en 1982, alors que j’avais 15 ans, dans l’espoir que cela aiderait les femmes musulmanes à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d’agression sexuelle pendant le hadj ou dans les lieux sacrés ».

Les tweets ont déclenché une vague de réactions outrancières de la part de la gente masculine. « Après tout, nous sommes des hommes, pas des saints » revendiquent sans honte certains twittos. La bonne excuse !, réagissent en cœur ces femmes qui se sont vues constamment remettre en cause la véracité de leur témoignage. «  Ça devient banal de salir le peuple musulman, je me demande qui est derrière ces propagandes », ajoutent des internautes acariâtres.

La journaliste à l’origine du mot clef, les a tous compilés dans un seul tweet. « Tu es trop laide pour avoir été agressée, tu as été payée pour tenir ce discours, tu veux juste être célèbre, tu veux détruire l'islam, tu donnes une mauvaise image de l'homme musulman ou encore tu es une prostituée ».

Selon Aisha Sarwari, éditorialiste pakistanaise pour le quotidien The Guardian, cette omerta autour des violences faites aux femmes en général, serait plus grande quand elle touche à la religion. Même constat de la part de la productrice canadienne, Zarqa Nawaz, créatrice de la série télévisée « La petite mosquée dans la prairie », qui avait dénoncé, il y a cinq ans, ces cas de harcèlements et d’agressions sexuelles dans les lieux saints de l’Islam, dans l’indifférence générale.

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