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Israël Erythrée Soudan Réfugiés Migrations Internationales Droits de l’homme

Publié le • Modifié le

Migrations: le gouvernement israélien commence à émettre des avis d'expulsion

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Manifestation contre les expulsions d'étrangers à Herzliya, le 22 janvier 2018. JACK GUEZ / AFP

Le gouvernement israélien a commencé, ce dimanche 4 février 2018, à délivrer des avis d'expulsion aux étrangers en situation irrégulière qu'il veut voir partir. Pour l'instant, ces avis enjoignant à quitter le pays sous 60 jours, sous peine d'être emprisonnés, ne sont délivrés qu'aux hommes sans enfant. Mais en tout, 40 000 personnes, en grande majorité des Erythréens et des Soudanais, sont visées. Des experts juridiques préviennent : le plan est contraire au droit international.


Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Ils sont 25 spécialistes du droit international et estiment que la politique du gouvernement israélien touche « aux droits les plus fondamentaux dont un être humain bénéficie en tant qu'être humain ». Selon eux, il est donc de leur devoir de faire entendre leur voix.

Dans une lettre adressée au procureur général d'Israël, ces personnalités appellent l'exécutif à faire marche arrière. « L'Etat d'Israël doit s'abstenir d'appliquer cette procédure et mettre en place une politique d'immigration et d'absorption des réfugiés dans les limites permises par le droit international », écrivent-ils.

A leurs yeux, Israël ne respecte pas ses obligations internationales. Ils estiment que la procédure de demande d'asile est « défectueuse dans la mesure où elle ne vérifie pas et rejette quasiment systématiquement toutes les requêtes » soumises par les Erythréens et les Soudanais.

Ces juristes écrivent également que l'expulsion ne peut être considérée comme « volontaire » si la seule alternative est un emprisonnement pour une durée indéterminée. « Le seul but de cette détention illimitée est de casser la volonté des détenus », affirment-ils.

Et de souligner également que, à leurs yeux, le Rwanda ne peut être considéré comme un pays sûr selon les critères établis par le procureur général lui-même. L'Ouganda et le Rwanda ont été cités par des organisations israéliennes d'aide aux migrants comme les destinations de ces migrants, mais ces deux pays ont officiellement démenti.

→ Écouter sur RFI : En Israël, un programme d'expulsion de dizaines de milliers de migrants

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