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Jordanie Questions sociales Corruption consommation

Publié le • Modifié le

[Reportage] Manifestation en Jordanie contre la vie chère et la corruption

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Des manifestants devant le Parlement à Amman, ce jeudi 1er février 2018. «Non à la hausse des prix», peut-on lire sur l'affiche tenue par un manifestant qui a ficellé une galette de pain sur son chapeau. REUTERS/Muhammad Hamed

Ce jeudi 1er février, des centaines de personnes ont protesté à Amman, la capitale de la Jordanie. Un mouvement de contestation lié à la vie chère, car le week-end dernier le gouvernement a décidé de cesser de subventionner le pain, un aliment de base en Jordanie. Résultat : les prix de certaines galettes ont doublé et les plus démunis ont du mal à joindre les deux bouts. Ils protestent donc contre cette hausse des prix, mais pas seulement. Leurs revendications vont au-delà, ils dénoncent la corruption. Reportage.


Avec notre correspondant à Amman,  Jérôme Boruszewski

Des galettes de pain clouées sur des pancartes, des pains ficelés sur les chapeaux des manifestants, l’augmentation brutale des prix les mets en colère.

« Je ne peux pas acheter du pain et de la nourriture pour mes enfants. Après la classe, je dois faire un autre travail. Je vends des figues, de l’huile et du miel sur le bord de la route », explique Walid, un instituteur, père de trois enfants. .

Beaucoup de manifestants dénoncent les pratiques des élites politiques, comme Salman, un étudiant en comptabilité :

« Notre Premier ministre a sept ou huit voitures, pourquoi ? Pourquoi leur acheter des voitures, des bureaux et leur payer des salaires quand nous n’avons pas d’école dans le sud du pays ? Pourquoi ? Elle est où l’assurance santé publique ? Il n’y en a pas, il faut tout payer. Alors pourquoi est-ce qu’on paie des taxes ? [Normalement], c’est pour avoir quelque chose en échange, n’est-ce pas ? On n’a rien, qu’est-ce qu’il faut faire ? Leur botter le cul pour les déloger du gouvernement et du Parlement », s'emporte Salman.

La plupart des manifestants appellent à des changements profonds. Ils ne croient pas que les élections puissent suffisamment renouveler la classe politique.