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Nucléaire Iran Diplomatie Union européenne

Publié le • Modifié le

Accord sur le nucléaire iranien: nouvelle période de turbulence

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Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères et Federica Mogherini, responsable de la diplomatie européenne, à Bruxelles, peu avant une entrevue ayant trait à l'accord nucléaire iranien. REUTERS/John Thys/Pool

Le président américain Donald Trump doit de nouveau se prononcer dans les prochains jours sur l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Dans un contexte d’inquiétude, le ministre iranien des Affaires Etrangères, Mohammad Javad Zarif rencontre plusieurs de ses homologues européens ce jeudi 11 janvier, à Bruxelles.


Depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a près d’un an, Donald Trump n’a de cesse de critiquer l’accord sur le nucléaire iranien. Dans les prochains jours, le président Trump doit dire s’il prolonge ou non la suspension de certaines sanctions américaines qui ont été levées dans le cadre de l’accord nucléaire. Jusqu’à présent, Donald Trump a choisi de ne pas rétablir les sanctions. En cas de revirement « les Etats-Unis seraient en violation de leurs obligations dans le cadre de l’accord nucléaire », selon Clément Therme, spécialiste de l’Iran à l’Institut Internationale des Etudes Stratégiques. « Cela dit, ce n’est pas un accord bilatéral entre les Etats-Unis et l’Iran, précise le chercheur, c’est un accord multilatéral et toutes les autres parties soutiennent sa poursuite, notamment l’Union européenne, la Russie et la Chine ».

Donald Trump peut rétablir les sanctions ou prolonger leur suspension. Ce jeudi, l’agence Associated Press croit savoir qu’il signera de nouveau les fameux waivers qui étendent la levée des sanctions. Mais le président américain dispose d’autres outils : comme en octobre dernier il peut annoncer qu’il ne « certifie » pas l’accord, ce qui a pour effet de renvoyer le dossier au Congrès américain. Pour l’instant ce dernier ne s’est pas saisi de l’occasion pour adopter de nouvelles sanctions mais cela reste un scénario envisageable.

Propos alarmistes

Plusieurs couches d’incertitude pèsent donc sur l’avenir de l’accord. Et de leur côté, les responsables iraniens tiennent des propos alarmistes : « La communauté internationale doit se préparer à une possible sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire d’ici quelque jours », affirme ainsi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi qui fut l’un des négociateurs du compromis de juillet 2015. Selon le chercheur Clément Therme, « l’Iran est dans une position très difficile, notamment à la suite des manifestations. Le président Rohani est très affaibli, la fin de l’accord nucléaire pourrait aussi signifier sa fin politique. Donc il a vraiment intérêt à sauver l’accord nucléaire ».

Et c’est dans ce contexte que l’Union européenne a invité le chef de la diplomatie iranienne. Mohammad Javad Zarif est à Bruxelles ce jeudi matin pour y rencontrer ses homologues français, allemand et britannique, ainsi que la diplomate en chef de l’Union, Federica Mogherini. « L’Union européenne voit bien que l’Iran a respecté tous ses engagements, analyse l’universitaire iranien Mehdi Zakerian, c’est le régime de Trump qui n’accepte pas cet accord ». Pour ce professeur de droits de l’homme et de relations internationales joint à Téhéran « l’Union européenne privilégie le respect des engagements, la paix et la coopération internationale ».

Manifestations

L’accord de 2015 suivi de la levée d’une partie des sanctions ont permis à l’Iran de rompre son isolement politique et économique. Mais la population n’en ressent pas encore les effets positifs, ce qui a nourri les manifestations qui ont éclaté dans plusieurs villes fin-décembre début-janvier. Du point de vue des investisseurs étrangers aussi on s’interroge : « cette position américaine renforce un climat d’incertitude lié au marché iranien », reconnaît Matthieu Etourneau qui dirige le Centre français des affaires de Téhéran, créé pour aider les entreprises françaises désireuses d’approcher le marché iranien.

Beaucoup d’entreprises considèrent l’Iran comme un eldorado, un marché de 80 millions d’habitants sur lequel un vent d’optimisme commercial a soufflé avec l’accord de 2015. « Dans les faits, les sanctions ont bien été levées et il est toujours possible pour les entreprises françaises qui s’intéressent à l’Iran de développer leur activité sur place, explique Matthieu Etourneau qui admet les vraies craintes liées à la position américaine. On n’a pas encore vu d’entreprise jeter l’éponge en revanche il y a une vraie période d’incertitude et d’attentisme de la part des entreprises françaises ».

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