rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Irak EI Haïdar al-Abadi

Publié le • Modifié le

Irak: al-Abadi annonce la fin de la guerre contre le groupe Etat islamique

media
Le Premier ministre irakien al-Abadi a annoncé la victoire sur le groupe EI lors d'une conférence ce samedi 9 décembre 2017. Iraqi Prime Minister Media Office/Handout via REUTERS

Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a annoncé ce samedi 9 décembre la « victoire » sur le groupe jihadiste Etat islamique (EI).


« Nos forces contrôlent complètement la frontière irako-syrienne et j'annonce donc la fin de la guerre contre Daech », a déclaré le Premier ministre al-Abadi à l'ouverture d'une conférence organisée par le syndicat irakien des journalistes à Bagdad. « Notre bataille est avec l'ennemi, qui voulait tuer notre civilisation, mais nous avons gagné par notre unité et notre détermination. Nous les avons vaincus en peu de temps », a-t-il ajouté.

Nous avons obtenu aujourd'hui de grandes victoires contre le groupe d'État islamique et je voudrais annoncer aujourd'hui la bonne nouvelle à tous les Irakiens. Au cours des dernières heures, nos forces ont achevé la libération de l'île de Ninive, Anbar et nous contrôlons maintenant la totalité de la frontière syro-irakienne.
Haïdar al-Abadi Premier ministre irakien 09/12/2017 - par RFI Écouter

La défaite militaire de l'organisation Etat islamique en Irak, facilitée par l'appui crucial de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, marque un tournant dans la lutte lancée il y a trois ans pour en finir avec cette organisation jihadiste responsable d'exactions et d'attentats sanglants.

Cependant pour l'expert des mouvements jihadistes, Hicham al-Hachemi, « si l'EI ne contrôle plus à proprement parler un centimètre carré du territoire irakien, il possède encore des caches et des dépôts d'armes » dans des zones désertiques et non peuplées en Irak.

Dans un tweet, la coalition internationale a adressé ses « félicitations au gouvernement d'Irak et aux forces armées pour la libération de tous les territoires peuplés tenus par Daech en Irak ». Elle laisse ainsi entendre que l'EI maintiendrait des caches dans des zones non peuplées.

Washington a également de son côté salué la fin de « l'ignoble occupation » du pays par l'organisation terroriste. « L'annonce des Irakiens indique que les vestiges de l'auto-proclamé califat de l'EI en Irak ont été éradiqués et que les populations vivant dans ces régions ont été libérées du contrôle brutal de l'EI », a indiqué Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat, dans un communiqué.

Cible de multiples offensives depuis plus d'un an, le groupe Etat islamique a également perdu la majeure partie du territoire conquis en Syrie voisine, et son « califat » autoproclamé en 2014 est désormais en lambeaux.

Au nord, la suite des évènements préoccupe

Aujourd’hui, alors que l’ennemi commun a disparu, beaucoup d’habitants du nord de l'Irak s’inquiètent de la suite donnée à cette victoire. Car si le Premier ministre irakien estime que l’EI a été battu grâce à l’unité de la nation, cette dernière est pourtant actuellement déchirée dans le nord, où forces irakiennes et kurdes se font face.

Chacune porte les armes initialement destinées à la lutte contre le terrorisme. Cette lutte officiellement terminée, Bagdad peut s’occuper du sort de la région indépendantiste qui, durant les dernières années, a gagné en puissance et soutien grâce à la lutte kurde contre l’organisation Etat islamique, rappelle notre correspondante à Erbil, Oriane Verdier.

A Erbil, sont notamment basés de nombreux soldats de la coalition internationale. Qu’adviendra-t-il de ces forces ? A l’heure où l’Irak annonce la guerre contre l’organisation Etat islamique terminée, comment justifier la présence de soldats européens et surtout américains sur le sol irakien ?

Pourtant la peur est toujours très présente au Kurdistan irakien, comme dans le reste du nord de l’Irak. Nombre de familles kurdes ont été chassées par les milices chiites reconnues par Bagdad, de plus, profitant de ce nouveau chaos, un nouveau groupe de combattants a été créé, prenant le contrôle de plaines situées entre les fronts irakien et kurde. Un groupe qui semble être formé d’anciens combattants de l’EI.

Chronologie et chiffres clés