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Qatar Arabie saoudite Bahreïn

Publié le • Modifié le

L'émir du Qatar accuse ses voisins du Golfe de vouloir le renverser

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L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, sur CBS dimanche 30 octobre 2017. capture d'écran CBS

Le chef de la diplomatie de Bahreïn a proposé lundi 30 octobre de geler l'adhésion du Qatar au Conseil de coopération du Golfe (CCG) jusqu'à ce que cet émirat accepte les demandes de ses voisins arabes. De son côté, l'émir du Qatar accuse ses voisins de vouloir renverser son régime.


C'est une accusation franche et ouverte qu'a lancée l'émir qatarien Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Interviewé dans l'émission phares 60 minutes de la chaîne américaine CBC, il a explicitement accusé les quatre pays ayant déclenché un blocus économique et politique contre son pays en juin de tenter d'obtenir un changement de régime dans la péninsule.

« Ils veulent un changement de régime, c'est évident », a déclaré l'émir. « L'histoire nous enseigne qu'ils ont déjà essayé, en 1996, quand mon père est devenu émir. Et ces dernières semaines, ils ont recommencé de façon évidente. »

L'émir du Qatar a ensuite rappelé qu'il était prêt à participer à des pourparlers sous médiation américaine en vue de résoudre la crise diplomatique en cours
avec les pays du Golfe. En septembre, il a effectué une tournée internationale pour se trouver des soutiens dans les pays occidentaux et montrer que le pays pétrolier n'était pas si isolé.

Cette crise est favorisée par de lointaines rivalités, réveillées lors des printemps arabes - le Qatar avait favorisé les mouvements fréristes, en Egypte notamment - et attisées par plusieurs épisodes récents de la guerre en Syrie. Doha est accusé de financer à la fois les milices affiliées à l'Iran chiite et des mouvements jihadistes, comme al-Qaïda.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu leurs relations avec le Qatar le 5 juin dernier, ce qui a généré une crise diplomatique d'une ampleur inédite dans le Golfe. Le Qatar est géographiquement isolé du reste du monde, puisque ses seules frontières terrestres, avec l'Arabie saoudite, sont fermées, et que les liaisons aériennes et maritimes sont interrompues avec ses adversaires. S'ajoutent à cela des sanctions économiques.

→ A (RE)ECOUTER : La rivalité entre l'Arabie Saoudite et le Qatar

La menace de suspension du CCG

Les quatre pays l'accusent de soutenir des groupes islamistes radicaux et d'être trop proche de l'Iran. Ce sont ces raisons qui ont poussé lundi 30 octobre le Bahreïn à proposer de suspendre la participation du Qatar au Conseil de coopération du Golfe, instance-clé de la région.

« La bonne démarche pour préserver le CCG consisterait à geler l'adhésion du Qatar jusqu'à ce qu'il revienne à la raison et accepte les demandes de nos pays. Autrement, nous serons mieux sans sa participation » à ce groupement régional, écrit cheikh Khaled ben Ahmad Al-Khalifa, ministre bahreïni des Affaires étrangères, sur son compte Twitter.

Les demandes évoquées par le dignitaire du Bahreïn sont l'arrêt du soutien de Doha à des groupes « terroristes » et la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera, jugée « extrémiste ».

Fondé en 1981, le CCG comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Des experts estiment que ce groupement régional est « en train de mourir » en raison de la crise qui a éclaté en juin entre le Qatar et certains de ses voisins.

(avec AFP)

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