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Turquie Syrie Kurdes

Publié le • Modifié le

Syrie: la Turquie en «reconnaissance» dans la province d'Idleb

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Grandes manoeuvres turques sur la zone frontalière syrienne, le 9 octobre 2017. REUTERS/Osman Orsal

L'armée turque mène depuis le 8 octobre une opération de « reconnaissance » dans la province syrienne d'Idleb en vue d'y établir une zone de désescalade visant à mettre un terme au conflit en Syrie.


L'armée turque a lancé une nouvelle opération en territoire syrien. L'année dernière, Ankara avait envoyé son armée de l'autre côté de la frontière pour combattre l'organisation Etat islamique. L'armée turque parle pour l'instant « d'opérations de reconnaissance » dans ce secteur.

« Les forces armées turques ont entamé le (dimanche) 8 octobre des activités de reconnaissance en vue d'établir des postes d'observation dans le cadre de l'opération qui sera menée dans la province d'Idleb », a déclaré l'armée turque dans un communiqué, le 9 octobre.

Cette fois, ce sont d'autres jihadistes, proches d'al-Qaida, que la Turquie a l'intention de déloger de la province d'Idleb, frontalière de la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi le lancement d'une opération de rebelles syriens à Idleb pour en chasser Tahrir al-Cham, mais sans participation turque. L'armée turque a toutefois effectué des tirs d'artillerie dimanche pour appuyer l'avancée des rebelles syriens.

« Cette opération vise cette fois la ville d’Idleb, où il y a une situation confuse puisqu’il y a du côté des rebelles syriens de multiples organisations qui tiennent la ville et dans ce qu’on a pu comprendre, l’idée est pour l’armée turque de faire le tri de ces organisations, donc plutôt de favoriser les organisations modérées et de mettre hors d’Idleb des organisations plus radicales », analyse Jean Marcou, spécialiste de la Turquie et professeur à Sciences Po Grenoble.

Idleb, seule province dans le nord-ouest syrien à échapper au régime de Bachar al-Assad, figure parmi les quatre zones de désescalade annoncées en mai par les alliés internationaux du régime syrien et des rebelles, afin d'instaurer des trêves dans diverses régions de Syrie. Ces cessez-le-feu, négociés à Astana par la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, excluent les groupes jihadistes, notamment Tahrir al-Cham, une coalition jihadiste composée essentiellement de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, qui contrôle une grande partie de la province d'Idleb.

« Mais il faut bien voir aussi que cette opération est destinée à occuper une région qui est proche des enclaves kurdes en Syrie, rappelle Jean Marcou. L’idée est donc aussi de contenir la poussée kurde dans la région, voire d’intervenir peut-être dans une zone kurde. »

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