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Irak Kurdes Etats-Unis Diplomatie

Publié le • Modifié le

Irak: le référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien fait polémique

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Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, ici en 2016, à Bagdad. REUTERS/Ari Jalal

Les Etats-Unis demandent aux Kurdes d'Irak de reporter leur référendum d'indépendance prévu 25 septembre 2017. Située dans le nord de l'Irak, la région du Kurdistan dispose déjà d'une large autonomie, prévue par la constitution irakienne. Mais elle doit encore se prononcer pour ou contre l'indépendance. Une perspective que plusieurs Etats - dont l'Irak - aimeraient voir repoussée.


A Bagdad, le gouvernement central irakien dénonce le référendum voulu le 25 septembre 2017 par les dirigeants kurdes. D'autant que cette minorité kurde revendique un territoire plus vaste que celui défini par la constitution fédérale de l'Irak.

De son côté, Washington a appelé les Kurdes irakiens à reporter ce référendum, a indiqué la présidence de cette région autonome du nord de l'Irak, ajoutant avoir réclamé des « garanties » et des « alternatives » en échange de ce report.

La perspective d'un vote sur l'indépendance irrite aussi les pays de la région où vit une minorité kurde, comme notamment la Turquie et l'Iran. Une inquiétude que « comprend tout à fait » Robin Beaumont, doctorant en Sciences Politiques à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Le chercheur ne s'étonne pas non plus de la méfiance des Etats-Unis « vis-à-vis de ce qui pour eux ne peut signifier que d’avantage de chaos dans une région où ils ont du mal, encore, à s'y dépêtrer ».

« Consensus sur la stabilité »

Plus généralement, Robin Beaumont constate qu'il « y a une espèce de consensus de la part de toutes les puissances qui sont impliquées dans la région, l’Iran et les Etats-Unis au premier chef. C’est un consensus sur la stabilité ». Or, poursuit-il, « un processus selon lequel le Kurdistan essayerait de gagner d’avantage d’indépendance dans le contexte actuel ne peut-être, pour ces acteurs-là, que synonyme d’instabilité ».

A Erbil, les dirigeants kurdes irakiens affirment que le référendum aura bien lieu à la date prévue. Toutefois, selon de nombreux observateurs la victoire du « oui » ne signifierait pas forcément une déclaration d'indépendance immédiate du Kurdistan irakien. D'autant que, parmi les cinq millions de Kurdes irakiens, les avis divergent aussi sur l'opportunité du référendum et plusieurs initiatives ont vu le jour pour réclamer elles aussi un report de cette consultation.

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