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Egypte consommation

Publié le • Modifié le

Les Egyptiens résignés face à une augmentation des prix de 30%

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Des chauffeurs de taxi, au Caire, le 29 juin 2017. Le prix de l’essence a augmenté de 50% en Egypte. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Confronté à un déficit de 12 %, le gouvernement égyptien coupe depuis deux ans dans les subventions qui représentent un tiers du budget du pays. Ces économies, combinées avec la dévaluation de 50 % de la livre égyptienne, provoquent une hausse des prix de plus de 30 %. La population accueille cela avec une amère résignation.


De notre correspondant au Caire,

Au cours du mois de juillet, le prix de l’énergie - du carburant, de l’électricité et du gaz - a augmenté de près de 50 %. Il n’y a pas eu d’émeute ou même de manifestation. Les augmentations avaient été annoncées depuis la signature, fin 2016, d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 12 milliards de dollars.

Contrairement à ses erreurs passées, le Fonds n’a pas exigé la hausse des produits de première nécessité comme l’huile, le sucre et surtout le pain. La galette de 300 grammes est toujours vendue à un demi-centime d’euro. L’Egyptien a droit à cinq galettes par jour et à d’autres produits à condition d’être muni d’une carte d’approvisionnement.

Plus du quart des Egyptiens vivrait sous le seuil de pauvreté

Ces cartes ressemblent à des cartes de crédit et permettent l’achat de pain mais aussi de toute une gamme de produits alimentaires dont le volume a été augmenté avant la levée partielle des subventions.

Il faut préciser que malgré une hausse de 50 %, l’essence reste, en Egypte, une des moins chères au monde, à 25 centimes d’euros le litre.

Mais dans un pays ou le salaire mensuel minimum est de 60 euros par mois, la vie devient de plus en plus difficile pour une bonne partie de la population. Selon les estimations, plus d’un quart de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour et par personne.

Des abus liés à des cartes d’approvisionnement contrefaites

Il y a forcément des risques d’abus. 70 des 100 millions d’Egyptiens bénéficient de cartes d’approvisionnement. Le gouvernement tente maintenant d’exclure tous ceux qui « ont les moyens », une tâche difficile si l’on ne veut pas appauvrir les classes moyennes.

Il faut aussi lutter contre la contrefaçon de cartes d’approvisionnement plus vraies que les vraies. Normal puisqu’elles ont été fabriquées par des fonctionnaires indélicats du ministère même de l’Approvisionnement. Plus de 100 millions d’euros auraient ainsi été détournés. La semaine dernière un responsable du ministère de l’Approvisionnement a été arrêté pour avoir détourné 2 millions d’euros en moins d’un an.

Reste maintenant à savoir si la reprise économique projetée arrivera avant que les plus démunis des Egyptiens ne perdent leur patience légendaire.

Chronologie et chiffres clés