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Irak France EI

Publié le • Modifié le

Une famille française arrêtée à Mossoul au cœur d’un imbroglio diplomatique

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Des membres des forces irakiennes dans la vieille ville de Mossoul, le 3 juillet 2017. REUTERS/Ahmed Jadallah

L’arrestation à Mossoul par les forces irakiennes d’une mère française et ses quatre enfants a provoqué un imbroglio diplomatique entre l’Irak et la France, qui ne souhaite pas vraiment le retour des jihadistes sur son sol.


Elle avait suivi son mari en 2015 pour vivre l’aventure du califat de l’organisation Etat islamique. Mais la jeune femme de 27 ans l'assure : son mari « était plus touriste que combattant ». La famille cherchait d’ailleurs à fuir Mossoul depuis plusieurs mois. Mais après une tentative de fuite infructueuse et de nombreux appels aux autorités françaises, le couple et leurs quatre enfants sont restés bloqués dans la ville irakienne.

Il y a 10 jours, les soldats irakiens arrêtent la femme et les enfants. La famille, à l'exception du mari qui reste introuvable, est maintenant détenue à Bagdad et se trouve au centre d’un feuilleton judiciaire entre la France et l’Irak. Car aucun accord bilatéral n’existe aujourd’hui entre les deux pays. De plus, le Quai d’Orsay semble frileux à l’idée d’un retour des familles de jihadistes en France. « Nous ne contestons pas aux autorités irakiennes la possibilité de poursuivre en justice les ressortissants français impliqués dans des organisations terroristes », déclare le ministère des Affaires étrangères.

La justice irakienne, elle, pourrait bien ouvrir une instruction contre la mère. Une aubaine pour les autorités du pays, qui cherchent à présenter le groupe Etat islamique comme un complot venu de l’étranger. Autre difficulté : la justice française chercherait à faire revenir les enfants. Mais la loi irakienne ne permet pas de les séparer sans l'accord des parents.

« C'est un cas assez inédit », admet l'avocat de la famille, Maître Vincent Brengarth, qui craint qu'elle n'ait pas le droit à un procès équitable en Irak. « Ils veulent revenir, mais les charges qui pèsent potentiellement contre eux et le risque de poursuites judiciaires freinent le retour ». Ainsi, la perspective d'un retour se heurte à la souveraineté de l'Irak en matière pénale, explique Me Brengarth. « Quand bien même on aurait un accord, il ferait quasiment échec à une remise immédiate, parce que les autorités sur place veulent que l'enquête se poursuive », prévient-il.

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