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Jérusalem

Publié le • Modifié le

Attaque dans la Vieille Ville de Jérusalem: l'esplanade des Mosquées fermée

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Le corps de l'un des assaillants, qui a attaqué des policiers dans la Vieille ville de Jérusalem ce vendredi 14 juillet au matin, est évacué par la police. REUTERS/Ammar Awad

Les autorités ont décidé de fermer l'esplanade des Mosquées ce vendredi 14 juillet, jour de prière, en réaction à des tirs qui ont blessé trois policiers ce matin. Deux policiers sont décédés des suites de leurs blessures, a-t-on appris en fin de matinée. Les trois assaillants ont été abattus par la police israélienne. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien ont eu un entretien téléphonique, rapporte l'agence palestinienne.


Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Trois hommes ont ouvert le feu ce vendredi matin sur des policiers à l'une des portes de la Vieille Ville de Jérusalem. Trois policiers ont été blessés, dont deux grièvement qui sont décédés des suites de leurs blessures. Les tireurs ont ensuite pris la fuite en direction de l'esplanade des Mosquées, l'un des lieux saints de l'islam, où ils ont été abattus par la police.

C'est une attaque rare dans les rues de la Vieille Ville de Jérusalem. Depuis près de deux ans, une vague de violence touche Israël et les Territoires palestiniens. Des attaques ont eu lieu dans la Vieille Ville, mais encore jamais à l'arme à feu.

Conséquence de cette attaque : les autorités israéliennes ont fermé l'esplanade des Mosquées pour la journée et la traditionnelle prière hebdomadaire musulmane ne pourra pas y avoir lieu. Une prière qui attire des milliers de fidèles à Jérusalem. C'est la première fois depuis des années que l'esplanade est ainsi fermée. « Ils ne laissent personne entrer. Pas même ceux de plus de 40, 50, 60 ou 70 ans. Ils ne veulent que personne vienne prier à la mosquée Al Aqsa. Et c'est la première fois de ma vie qu'ils ne laissent entrer personne pour prier », assure un quinquagénaire.

C'est donc à l'extérieur de l'esplanade des Mosquées, hors de la mosquée Al Aqsa, troisième lieu saint de l'islam, que les musulmans ont dû faire la prière du vendredi. Ils étaient ainsi quelques dizaines, serrés sur un trottoir en face des murailles de la Vieille Ville, sur des cartons et des couvertures en guise de tapis. « Il m'a dit : 'Tu ne passeras pas la porte, rentre chez toi', raconte l'un de ces croyants à propos d'un des soldats israéliens qui barraient l'accès à l'intérieur des fortifications. Mais pourquoi ? Al Aqsa, ce n'est pas pour lui, c'est seulement pour les musulmans. Le problème n'est pas avec les juifs, mais avec le fait qu'ils prennent ma terre, ma maison, mon Al Aqsa. C'est ça le problème. »

Des responsables palestiniens avaient d'ailleurs appelé à braver cet interdit israélien. Mais malgré la colère des fidèles, l'appel a été très peu suivi. « C'est fermé, c'est fermé, un point c'est tout ! Je n'aime pas la politique, les problèmes, parce que ça donne mal au crâne. La politique, ça donne mal au crâne », lâche un autre.

Alors qu'il était réuni avec d'autres Palestiniens pour dénoncer la fermeture de l'esplanade des Mosquées, le mufti de Jérusalem, Mohammed Hussein, a été arrêté, affirment ses proches. Il a été libéré quelques heures plus tard.