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Iran Présidentielle Iran 2017

Publié le • Modifié le

Iran: le chômage des jeunes, enjeu majeur de l’élection présidentielle

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Des jeunes iraniens à Téhéran, le 16 mai 2017. REUTERS/TIMA ATTENTION EDITORS - THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A TH

Que proposent les quatre candidats à l’élection présidentielle en Iran pour pallier le chômage des jeunes dont le taux varie, à l’heure actuelle, entre 35% et 40%? Chaque année, un million de jeunes entrent sur le marché du travail.


Selon l’agence de presse Tasnim dont l’objectif principal, comme l’indique son site internet, est de défendre la République islamique contre la propagande médiatique étrangère, le vrai taux de chômage des jeunes, à l’heure actuelle, varie entre 35 % et 40 %. Chaque année, un million de jeunes entrent sur le marché du travail.

A l’approche de l’élection présidentielle, 40 économistes iraniens ont adressé le 12 mars 2017 une lettre ouverte à Hassan Rohani, actuel président de la République islamique. Les signataires reprochent à Rohani d’avoir, dès le début de sa présidence, subordonné les politiques économiques de son gouvernement au résultat de ses négociations avec les puissances occidentales sur le nucléaire iranien.

Ils l’accusent d’avoir promis monts et merveilles aux Iraniens au cas où un accord serait conclu, retardant ainsi les investissements nécessaires pour stimuler l’activité économique. La récession à laquelle nous assistons aujourd’hui est, selon les signataires, la conséquence logique de cette politique attentiste qui a paralysé l’activité et a conduit de nombreuses entreprises à la faillite. C’est la principale raison du chômage galopant qui frappe surtout les jeunes.

Mais, que proposent chacun des candidats à l’élection présidentielle du 19 mai pour remédier à cette situation ?

Hassan Rohani, le président en exercice, estime que le bilan de son gouvernement dans ce domaine n’est pas aussi mauvais que ses adversaires le prétendent. L’axe principal de ses politiques économiques est toujours la transformation qualitative et durable du système économique du pays. Ce n’est pas par la distribution de l’argent du pétrole, dit-il, que l’on remédiera au fléau du chômage, mais par la croissance et la production de richesses. En réponse aux critiques de ses adversaires lors d’un récent débat télévisé, il a précisé qu’en réduisant « la menace de nouvelles sanctions [allusion probable aux menaces des Etats-Unis et à la reprise de l’embargo, ndlr], nous pouvons engendrer l’espoir et l’euphorie et créer un environnement stable et sûr pour donner confiance aux investisseurs iraniens et étrangers ». « Il faut que notre économie se libère des rentes pétrolières et s’oriente vers une économie de production », estime-t-il.

Ebrahim Raissi, proche du Guide suprême et nommé l’année dernière par celui-ci à la tête d’Âstân-e Qods-e Razavi, l’une des plus puissantes fondations religieuses du pays, est, quant à lui, partisan d’un Etat-providence. Candidat des conservateurs et membre important de l’Association du clergé combattant (Djâme’e-ye Rohâniyat-e Mobârez), il bénéficie d’un soutien de poids en la personne du Guide. D’après lui, on ne peut pas demander aux jeunes chômeurs de patienter indéfiniment et de ne pas se marier en attendant que la croissance revienne. Il est urgent que l’Etat leur porte secours en leur octroyant un crédit immobilier et de mariage et en augmentant l’aide financière qu’il leur apporte actuellement. Ses propositions dans ce domaine portent la trace de la politique économique de Mahmoud Ahmadinejad.

Mostafa Mirsalim, candidat du Parti de la coalition islamique (Hezb-e Motalefeh-ye Eslâmi) ultraconservateur, estime très problématique l’idée selon laquelle il y a un rapport de cause à effet entre le chômage et l’impossibilité pour les jeunes de se marier. D’après lui, la cause de ce phénomène se trouve ailleurs. « Nous assistons aujourd’hui, dit-il, à un certain effritement de la notion de famille. Les jeunes ne sont plus enclins à se marier. Le taux de divorce s’accroît jour après jour. Il faut voir, selon Mirsalim, quelles sont les vraies causes de ce problème. Pour pallier à ce phénomène, nous avons besoin de conseils, notamment ceux des personnes de confiance dans chaque quartier. Le pouvoir public doit donc penser à mettre en place des institutions de conseil ».

Mostafa Hashemitaba, un autre candidat du Parti des cadres de la construction (Hezb-e Kârgozârân-e Sâzandegi), estime que leur mode de vie ainsi que d’autres phénomènes culturels doivent être pris en compte dans l’étude de la baisse du taux de mariage des jeunes. « Il faut pour cela mobiliser les sociologues qui ont une connaissance approfondie de ces choses et qui peuvent nous renseigner. Mais il est évident qu’un jeune sans emploi est peu enclin à se marier. »

Pour pallier le chômage des jeunes, les candidats proposent des solutions dont la mise en œuvre nécessite des conditions préalables qui semblent difficiles à réunir. Mais il y a une prise de conscience de la complexité du problème du chômage.

Selon l'Iranian Labour News Agency, plus de 50 économistes iraniens - autres que les 40 qui accusaient le gouvernement de Rohani d’avoir aggravé le chômage - viennent de publier une pétition dans laquelle ils accusent les deux gouvernements précédents d’avoir transmis au gouvernement de Rohani un héritage catastrophique. Par conséquent, il faut chercher, selon eux, les causes du chômage des jeunes dans les huit d’années du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad.

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