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[Reportage] Irak: la musique de Karim Wasfi pour faire face à l’horreur

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Les murs de la grande église de Qaraqosh sont noirs. Les jihadistes l'ont incendiée avant de partir, pourtant elle est toujours debout. REUTERS/Marko Djurica

La beauté face à l'horreur, voici la lutte de Karim Wasfi. Ce violoncelliste et chef d'orchestre irakien a pris pour habitude de jouer de son instrument dans les endroits théâtres d'attentats. Il est en ce moment dans le nord de l'Irak où l'offensive contre le groupe EI dure depuis cinq mois. Dimanche 16 avril, le musicien et son violoncelle étaient à Qaraqosh, autrefois la plus grande ville chrétienne d'Irak, aujourd'hui une ville fantôme aux bâtiments brûlés. Reportage.


Avec notre envoyée spéciale à Qaraqosh,  Oriane Verdier

Les murs de la grande église de Qaraqosh sont noirs. Les jihadistes l'ont incendiée avant de partir, pourtant elle est toujours debout. Devant l'autel un violoncelliste joue assis sur une chaise en plastique. « J'ai l'impression qu'ici le temps s'est arrêté. Il n'y a plus de création, plus d'intérêt à vivre ici, raconte Karim Wasfi. C'est un sentiment très dur. Je suis ici aujourd'hui pour prouver que la vie peut encore exister sur ces terres. Qu'il y a toute une civilisation derrière ces murs, de l'humanité, et ça, c'est plus fort que le terrorisme. Plus fort que l'horreur qui domine ce lieu. »

Assis au fond de l'église, un soldat écoute la musique avec émotion. Le lieutenant Milat est originaire de Qaraqosh. « En tant que militaire, cette musique représente le retour à la vie. Elle redonne de l'espoir, l'espoir qu'il y ait quelque chose après la guerre, que l'on puisse revenir à une vie normale. Que les civils rentrent enfin chez eux. La musique est une grande aide pour ce processus », confie-t-il.

Aujourd'hui les seuls habitants de Qaraqosh sont des miliciens chrétiens chargés de la sécurité de la ville. Les familles ne sont toujours pas revenues peupler ce qui était autrefois la première ville chrétienne d’Irak.

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