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Droits des femmes France Humanitaire Irak ONG

Publié le • Modifié le

AFAM, une ONG au secours des femmes au Kurdistan irakien

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Des réfugiés yézidis dans un camp en périphérie de Duhok, le 27 février 2015. REUTERS/Asmaa Waguih

L’un des cas les plus extrêmes de violences commises à l’égard des femmes ces dernières années est celui exercé par les jihadistes du groupe Etat islamique à l’encontre des femmes et des jeunes filles yézidies au Kurdistan irakien. Une ONG française leur vient en aide afin de leur redonner espoir.


Lorsque le 4 août 2014, la ville de Sinjâr tombe aux mains du groupe Etat islamique, des milliers de Yézidis sont tués, torturés et réduits à l’esclavage. Les femmes capturées comme des prises de guerre sont utilisées et vendues comme esclaves sexuelles. Selon Amnesty International, « quelque 3 800 femmes et enfants se trouvent toujours en captivité aux mains de l’EI ».

D’autres ont pris le chemin de l’exil et sont déplacés dans des camps de réfugiés. Des ONG et associations tirent la sonnette d’alarme et multiplient les actions pour leur venir aide. Parmi elles, l’ONG Action pour les femmes et l’aide aux minorités au Moyen-Orient (AFAM).

Recréer le tissu social

L’objectif de l'AFAM est d’aider ces femmes, yézidies ou chrétiennes d’Orient, meurtries par les atrocités qu’elles ont vécues, à se reconstruire et à mener une vie décente. Ces rescapées vivent pour la plupart dans des camps de réfugiés dans le Kurdistan irakien. L’ONG s’y est rendue plusieurs fois. Interpellée par ces femmes qui souhaitent rester sur leur territoire et qui considèrent que cette guerre n’est pas la leur, l’AFAM envisage de leur offrir un « lieu de vie ».

Elle a obtenu de la part du gouvernement régional du Kurdistan irakien un terrain de 5 000 m2 pour construire 100 « unités d’habitation et d’activités » et y installer 460 enfants orphelins qui seront accompagnés par 100 femmes, « des mères adoptives ». Ce « lieu de vie » est équipé d’une cuisine, d’une crèche et d’un dispensaire.

D’ores et déjà, plusieurs ateliers sont mis en place : menuiserie, couture, informatique, tapisserie… pour lancer des activités économiques. Le but final étant de recréer un tissu social en s’appuyant sur les compétences de tous.

Vidéo RFI/Charlotte Herzog

Pour présenter son projet et sensibiliser l’opinion publique française, l’AFAM a organisé une conférence de presse, le 17 novembre 2016, au Palais du Luxembourg à Paris, en présence notamment du sénateur LR de la Vendée Bruno Retailleau, la présidente de l’AFAM Shirin Azadpour et la présidente de l’ONG Innocence en danger, Homayra Sellier, qui au nom de son organisation soutient l’action de l’AFAM.

Comme les enfants d'aujourd'hui seront les parents de demain, l'éducation est aussi au cœur de l'action de l'AFAM et parmi les matières enseignées, l'apprentissage du français tient une bonne place dans les écoles du camp.

Vidéo RFI/Charlotte Herzog

Financement du projet

Dans la présentation de son projet, l'AFAM chiffre un budget d'un million et demi d’euros pour permettre à ces femmes et enfants de rester dans leur pays et de ne pas prendre l'exil en Europe ou ailleurs.

L'ONG bénéficie de l'aide de volontaires, de partenaires, de spécialistes et aussi de mécènes. Et elle s'engage à recruter le personnel, formateurs et intervenants, parmi les réfugiés et déplacés pour que chaque personne puisse travailler, se sentir utile et vivre en paix. Car « Les femmes kurdes portent les mêmes valeurs et rêves que les femmes d’ailleurs », comme l'a déclaré Miss Kurdistan, lors de la même conférence de presse.

Chronologie et chiffres clés