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Publié le • Modifié le

Territoires palestiniens: Google Maps, ou l'art de jongler entre les conflits

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Pas de mention «Palestine» sur Google Maps, ni même «Territoires palestiniens» en ce lundi 15 août. Par contre, des pointillés pour délimiter Gaza et la Cisjordanie, dont les principales villes apparaissent également. Capture d'écran / My Maps - Google

Depuis quelques jours, la colère gronde sur les réseaux sociaux. Google Maps, l'outil de cartographie du géant californien du même nom, est accusé d'avoir supprimé la Palestine de ses cartes. Les mots-dièse « La Palestine est ici » fleurissent sur la Toile. Mais en fait, la Palestine n'a jamais figuré sur ces cartes.


De notre correspondant à Ramallah,

Tout commence fin juillet 2016 avec le communiqué d'un syndicat de journalistes palestiniens. Ces derniers accusent Google d'avoir fait disparaître la Palestine de son application Maps, la plus utilisée par les internautes pour la cartographie. Et en effet, quand on regarde la carte du Proche-Orient, tous les pays apparaissent sauf les Territoires palestiniens.

Il n'est fait mention ni de la Cisjordanie, ni de la bande de Gaza. Les villes palestiniennes sont bien indiquées, les frontières de 1967 sont pourtant tracées, mais on ne voit pas le nom de la région. La suppression supposée de la « Palestine » a été reprise dans un très grand nombre de médias, dont le site de RT, la télévision internationale russe, ou bien le site AJ+, lancé par Al-Jazeera.

Une information largement véhiculée dans la presse, mais non vérifiée

Mais l'information est fausse. La Palestine n'a pas été supprimée de l'outil Google, elle n'y est simplement jamais apparue. Comme l'a confirmé une porte-parole du géant de l'Internet, Google Maps n'a jamais indiqué « Palestine » sur ses cartes. Par contre, la société a confirmé qu'un bug avait fait disparaître les mentions « Cisjordanie » et « bande de Gaza ». Les équipes de l'entreprise travaillent à la résolution de cette erreur qui n'était, ce lundi 15 août, toujours pas corrigée.

Le débat sur l'existence ou non de la Palestine sur Google Maps n'est pas nouveau. Une pétition lancée en mars dernier réclamait déjà que l'application de Google ajoute l'Etat de Palestine sur ses cartes. Une pétition qui n'avait pas fait beaucoup de bruit à l'époque. Le débat a, semble-t-il, été relancé. La pétition sur le site Change.org recueille désormais plus de 320 000 soutiens.

Pourquoi Google refuse toujours d'indiquer « Palestine » sur ses cartes ?

La firme américaine se veut le plus neutre possible sur les conflits territoriaux. Après l'adhésion de l'Etat de Palestine comme Etat observateur à l'ONU, en 2012, Google avait lancé Google.ps. Quand on ouvre le site, il est indiqué en arabe « Google Palestine ». Mais le géant du Net n'a pour le moment pas franchi le pas sur ses cartes. Ceci étant, derrière cette apparente neutralité, c'est une véritable bataille géopolitique qui se joue sur la Toile (voir ici et ).

Un site internet a recensé tous les litiges. Un exemple : la Crimée, annexée il y a deux ans par la Russie. Une annexion non reconnue par la majorité des Etats dans le monde. Mais selon l'endroit d'où on se connecte à Google Maps, la Crimée apparaît ukrainienne ou russe ! Pour sa part, l'Etat de Palestine est reconnu par 136 pays dans le monde. Mais pas par les Etats-Unis ou la France. Le jour où cela sera le cas, il y a fort à parier que la Palestine aura le droit d'apparaître sur les cartes.

Chronologie et chiffres clés