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Territoires Palestiniens

Publié le • Modifié le

Exécution d’un Palestinien: le caméraman sous les menaces des colons

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Le corps de Abdel Al-Sharif a été rendu à sa famille ce vendredi soir 27 mai 2016. HAZEM BADER / AFP

Le corps de Abdel Al-Sharif a été rendu à sa famille vendredi soir 27 mai. Les funérailles de cet assaillant palestinien abattu au sol alors qu'il avait poignardé un soldat israélien le 24 mars dernier dans la ville d'Hébron auront lieu ce samedi. L'affaire avait fait grand bruit en Israël car le soldat israélien, qui possède aussi la nationalité française, a été inculpé pour homicide par la justice militaire israélienne. Une accusation qui scandalise une partie de l'opinion israélienne. Mais cette affaire n'aurait certainement pas eu le même retentissement sans la vidéo de l'exécution. Notre correspondant dans les territoires palestiniens a rencontré il y a quelques jours Emad Abu-Shamsiyah, l'auteur de cette vidéo qui vit depuis sous la menace des colons israéliens.


Avec notre correspondant à RamallahNicolas Ropert

Emad Abu-Shamsiyah habite une petite maison dans la vieille ville d'Hébron avec sa femme et ses cinq enfants. Depuis deux mois, le vidéaste vit dans la peur de représailles après avoir tourné une vidéo montrant l'exécution de Abdel Al-Sharif.

Menaces, insultes, le Palestinien ne regrette pourtant pas d'avoir sorti sa caméra : « Je suis fier que cette vidéo ait fait du bruit. Cette vidéo montre un véritable crime commis par ce soldat. Sans cette vidéo, personne n'aurait pris conscience de cette réalité. Donc je ne regrette pas d'avoir eu ce réflexe, maintenant tout le monde a pu voir ce qu'il s'est passé. Ce n'est pas un cas unique mais j'ai au moins pu documenter un cas de meurtre d'un Palestinien par un soldat israélien. »

De plus en plus, les militants palestiniens filment les agissements des colons ou des soldats israéliens.

Membre d'une l'organisation de jeunesse contre la colonisation à Hébron, Moufid Sharabati utilise volontiers cette méthode pour alerter sur la situation : « Nous, dès que l'on peut, on fait des vidéos. Les vidéos sont devenues, pour nous, une arme pour montrer ce qu'il se passe chez nous. C'est un outil que l'on utilise pour notre résistance pacifique. Et on a bien compris que cela pouvait changer la donne. »

Malgré les menaces, Emad Abu-Shamsiyah n'a reçu aucune protection. Sa vidéo est pourtant utilisée par le tribunal militaire israélien comme preuve à charge contre le soldat poursuivi.

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