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Manuel Valls Israël France Territoires Palestiniens

Publié le • Modifié le

Après Israël, Manuel Valls en visite côté palestinien

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Le Premier ministre français Manuel Valls en visite dans la basilique de la nativité à Bethléem, le 23 mai 2016. AHMAD GHARABLI / AFP

Manuel Valls a entamé ce lundi 23 mai dans l'après-midi la partie palestinienne de son déplacement au Proche-Orient. Il s'est rendu à Bethléem puis à Jérusalem-Est. Ce mardi 24 mai, le chef du gouvernement français doit s'entretenir dans la matinée avec son homologue palestinien Rami Hamdallah. L'Autorité palestinienne est l'un des principaux soutiens à l'initiative française de paix rejetée par Israël.


A Bethléem, Manuel Valls a continué dans la série des visites symboliques, rapporte notre envoyée spéciale sur place, Valérie Gas. Le Premier ministre s’est rendu à la basilique de la Nativité. Il est ensuite allé à Jérusalem-Est à la rencontre des ONG françaises. Son objectif : montrer que la France a une position équilibrée et que les liens du Premier ministre avec Israël ne l’empêchent pas de s’intéresser aux problèmes des Palestiniens.

Lors d’un entretien avec la presse en marge du déplacement, Manuel Valls a insisté sur le sentiment d’injustice ressenti par les Palestiniens, frappés par le chômage et l’absence d’avenir. « Il faut aider l’Autorité palestinienne », a déclaré Manuel Valls.

→ A (RE)ECOUTER : La France peut-elle jouer un rôle dans le processus de paix israélo-palestinien?

Concernant le processus de paix aussi, les Palestiniens ne sont pas prêts à un dialogue direct réclamé par Israël, estime-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Tout l’enjeu pour la France est donc d’essayer de trouver sur quel critère et avec quel encadrement une négociation peut reprendre. Car à la fin, Manuel Valls le reconnait, c’est entre les Israéliens et les Palestiniens qu’un accord pourra se sceller, mais on n’en est pas encore là.

Qu'attendent les Palestiniens ?

Officiellement, l'Autorité palestinienne salue la visite du Premier ministre français à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, relate notre correspondant dans les territoires palestiniens, Nicolas Ropert.

« Il est censé représenter la position officielle de la France, une position que nous apprécions, explique Xavier Abu Eid, porte-parole de l'OLP, l'Organisation de libération de la Palestine. La France a pris les devants pour tenter d'obtenir la paix ici. Nous lui disons donc bienvenue dans l'Etat de Palestine. On espère que la France reconnaîtra rapidement l'Etat de Palestine et on espère que la conférence de la paix du 3 juin sera une opportunité pour redonner espoir aux peuples et se diriger vers la solution à deux Etats. »

→ A (RE)LIRE : Processus de paix: Benyamin Netanyahu dit «non» à l’offre de la France

Certaines voix cependant se veulent moins diplomatiques. L'opposition affichée de Manuel Valls au boycott d'Israël est notamment critiquée. Pour Adnan Abdelrazek, analyste palestinien, la France ne peut rien toute seule.

« Je ne suis pas très optimiste, confie-t-il. Le gouvernement français que l'on sait très pro-israélien s'est rendu compte qu'Israël ne peut pas continuer comme cela. Et qu'une solution doit être trouvée pour mettre fin à l'occupation. Avec tout le respect que j'ai pour la position de la France et de l'Union européenne, rien ne peut être fait dans la région sans l'accord des Etats-Unis. »

Le Premier ministre français rencontre ce mardi matin son homologue palestinien avant de repartir pour Paris.

→ LIRE AUSSI : Manuel Valls médiateur de la paix en Israël et dans les Territoires palestiniens

Une visite parasitée par les tensions sociales en France

Manuel Valls est contrarié de la situation sociale en France, rapporte Valérie Gas. Le Premier ministre avait en effet essayé d’évacuer le sujet des blocages de raffinerie dès son arrivée en Israël. L’attaque de Bruno Le Maire, qui l’avait accusé d’avoir commis une faute en quittant Paris lui avait donné l’occasion d’un tacle en bonne et due forme. « Vision datée, mesquine », avait répondu Manuel Valls, arguant du fait qu’il était connecté à la France.

Mais dès le lendemain, face au renforcement des blocages, à l’allongement des files d’attente dans les stations-service, la question a été reposée au Premier ministre qui a tergiversé toute la journée, a même refusé de répondre avant de s’exprimer enfin sur le sujet pour éviter de donner l’impression d’être déconnecté des préoccupations des Français et de la gestion de la crise.

Pas si simple finalement de suivre de loin les tensions sociales en France, entre un entretien avec Benjamin Netanyahu, une visite de Yad Vashem ou de la basilique de la Nativité, pas facile de passer du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens au déblocage des dépôts de carburants en France, sauf à brouiller tous les messages. Et c’est ce que Manuel Valls a essayé d’éviter, sans y parvenir. Sa visite a bel et bien été parasitée par l’actualité sociale hexagonale.

Chronologie et chiffres clés