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Colombie Danse

Publié le • Modifié le

Cali, capitale colombienne et mondiale de la salsa

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Maria Fernandez Ospina Yepez et Leonardo Valencia (au premier plan) durant un entraînement pour les compétitions de salsa à Cali. Najet Banrabaa / RFI

En 2017, plus de 200 000 visiteurs se sont rendus à Cali, ce qui représente une hausse de 40% du tourisme dans la ville. La plupart des touristes y viennent pour prendre des cours de salsa. Car la ville abrite les professionnels et les amateurs de tout le pays. Chaque année, Cali organise le championnat du monde de la discipline. Des festivals de danse s'enchaînent également durant toute l'année. Le niveau est très élevé et l'exigence de performance également. Plus qu'une compétition, la salsa est un style de vie pour les Colombiens.


Il est 18 heures. La musique résonne dans tout le quartier « Municipal », dans le sud de la ville, loin du centre touristique et des rues remplies d'étrangers. Mais un bâtiment vibre plus que les autres, celui de l'école de salsa « Pasion Dance ».

Pas de pancarte, pas de sonnette, il suffit de monter à l'étage pour découvrir quatorze jeunes en plein entraînement. Leurs tenues noires et oranges sont trempées de sueur. Ici, on vit, on danse et on partage la salsa.

Cette musique est un mode de vie plus qu'un genre musical. Un diction caleño (gentilé des habitants de Cali) le confirme : « Un Caleño qui ne sait pas danser la salsa n'est pas Caleño. » Leonardo Valencia en est l'illustration. A 28 ans, il se déhanche depuis douze ans. « Quand j'ai débuté, j'étais au collège. Pour dire la vérité, j'ai commencé à danser parce que les filles les plus jolies du collège faisaient partie de la troupe. Puis j'y suis resté. Ça me plaît toujours autant. »

Capitale de la salsa

Mécanicien la journée, danseur, professeur et chorégraphe le soir et les week-ends, Leonardo est habité par la salsa. Il l'avoue d'ailleurs, il ne peut vivre sans. « La salsa est l'âme, la vie, la vie pour le corps. C'est aussi ce qui nous anime, la "saveur", comme on dit ici. Elle nous permet d'oublier nos problèmes. »

L'origine de cette danse est toujours polémique. Puerto Rico, Cuba et Cali se disputent le trophée. Pour Leonardo, tout est clair. « La salsa en tant que telle n'est pas de Colombie. Elle est arrivée dans le pays. On ne nous appelle pas la capitale de la salsa en référence à un orchestre en particulier ou pour l'origine du genre, mais pour les danseurs, pour nous. Les gens viennent nous voir la danser. »

« Telle une équipe de football se préparant pour le Mondial »

Le danseur rêve du festival mondial de salsa prévu courant septembre. Il se donne tous les moyens pour atteindre le podium de cette année. L'entraînement avec ses compagnons est intensif et rigoureux durant toute l'année.

« C'est comme une équipe de football qui se prépare pour le Mondial. Tu peux gagner toutes les compétitions, le Mondial reste le Mondial. On s'entraîne tous les jours. On se prépare très dur avant chaque compétition. Ce sont beaucoup de répétitions, énormément d'exigence. Comme on nous le demande, on se l'impose. On a la même préparation qu'un athlète qui se prépare pour un tournoi. On fait des répétitions 3 à 4 jours par semaine durant quatre à cinq heures. Parfois, plus... Les veilles de compétitions, on peut aussi faire des nuits blanches pour se préparer. »

À 14 ans, la partenaire de Leonardo se focalise également sur la compétition. Maria Fernandez Ospina Yepez aspire à devenir une danseuse professionnelle. « J'ai toujours aimé la salsa depuis petite. J'ai commencé en regardant des vidéos sur YouTube. Je les imitais jusqu'à ce que je demande à mon père de m'inscrire dans une école de danse. Je me suis retrouvée ici. »

Discipline de fer

La jeune brune a changé son alimentation. Elle fait des footings réguliers chaque semaine et prépare ses cuisses avec des exercices de musculation pour s'assurer une excellente condition physique. Malgré son jeune âge, elle reste consciente du défi qui l'attend. La détermination s'observe dans ses pas et dans son sourire.

« Cela fait déjà un an que je m'entraîne dans cette école. Je sais que c'est exigeant. La salsa demande des jambes d'acier, car il faut être très agile et rapide, donc je me concentre sur cela. Puis, aucun autre genre musical ne m'a jamais plu. Ça a toujours été la salsa, rien que la salsa. C'est une passion incontrôlable. »

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