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Technologies

Publié le • Modifié le

Bacely Yorobi, «start-upper» engagé pour la diversité dans l’économie numérique

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Bacely Yorobi (deuxième en partant de la gauche) et ses partenaires. Collection personnelle de Bacely Yorobi

Un jeune entrepreneur ivoirien de 30 ans Bacely Yorobi a créé, à Paris, les « Connectx », des rencontres pour mettre en relation porteurs de projet de la diaspora africaine et des investisseurs européens. Ce jeune entrepreneur ivoirien de 30 ans milite pour plus de diversité dans l’économie numérique. RFI l’a rencontré pour mieux comprendre sa démarche.


Bacely Yorobi a les yeux qui brillent quand il parle d’Afrique et d’économie numérique. Quand il évoque ces échecs ou prouesses il peut en parler pendant des heures. De l’autodidacte que le jeune ivoirien était aux débuts des années 2000 en Côte d’Ivoire – « je me suis passionné pour les outils informatiques dans les cybercafés d’Abidjan pendant la guerre » - au patron de la start-up qu’il a monté à Paris, il y a bien des histoires à raconter.

« J’ai beaucoup voyagé grâce aux prix et aux concours d’innovation. J’ai vu comment cela fonctionne dans les écosystèmes numériques aux Etats-Unis, en Amérique latine en Europe et bien entendu en Afrique. Et de mes expériences, j’en ai conclu qu’il est important de créer une communauté de partage de connaissances basée sur des personnes qui viennent d’horizons variées notamment de pays émergents et d’Afrique », explique Bacely Yorobi.

Des thématiques liées à l'économie numérique

Partages de connaissance et diversité, c’est le leitmotiv du Connectx global, la start-up que ce geek a créé, en janvier 2016 à Paris, avec des compagnons français et qui organise, tous les derniers jeudis du mois, des rencontres où jeunes porteurs de projet et membres de panels viennent débattre autour de thématiques liées à l’économie numérique.

L’une d'elle, dont le thème était « Comment lever des fonds ? », a particulièrement attiré du monde, début mars, dans les locaux de Partech, un fonds d’investissement français tourné vers la technologie. « Que l’on soit entrepreneur ou porteur de projet, le nerf de la guerre, ce sont les fonds. Mais quelle est la démarche pour lever les financements ? C’est une thématique qui nous intéresse tous », justifie Bacely Yorobi, titulaire d’un master en administration des affaires.

Bien qu’en Afrique, les levées de fonds par des entreprises innovantes en Afrique du Sud, au Kenya ou au Nigeria ont atteint des chiffres record en 2017 (560 millions de dollars injectés dans 124 start-up technologiques africaines en 2017), y arriver relève d’un vrai parcours de combattant. Pour donner une idée du challenge que cela représente, Guillaume Meulle, manager partnair chez XAnge, un réseau d'investisseurs, affirme : « Sur 2 500 dossiers par an, nous en sélectionnons seulement dix pour un investissement moyen de 3 millions d’euros ».

Rendre internet gratuit

Bacely, pour qui l’aventure commence réellement en 2012, connaît très bien le dédale du financement d’une start-up. À l’époque très ambitieux, il rêve de rendre gratuit l’accès internet à l’aide de bornes wifi installées un peu partout dans la capitale ivoirienne. Il crée à cet effet, la start-up Social Spot. « Mais l’écosystème n’était pas encore prêt. Nous avons gagné beaucoup de prix [dont le prix de la meilleure start-up ivoirienne en 2014] avec ce projet. Cela nous a permis de beaucoup voyager. Mais à la fin, les investisseurs disaient toujours non ». « C’est un jeune très ambitieux. Il était très motivé pour rendre internet gratuit. Entre nous, on savait que ce projet serait difficile à concrétiser. Mais on ne voulait pas le décourager », témoigne un de ses proches.

Parallèlement, l’informaticien anime dans des clubs ou restaurants du Plateau, un quartier chic d’Abidjan, des meet-up qui visent à mettre en relation les décideurs de la Côte d’Ivoire et jeunes acteurs de la tech ivoirienne. « L’idée était de promouvoir la culture de l’innovation dans le rang des décideurs et de leur faire voir ce qui se passait au niveau du numérique ». C’est ce même objectif de mettre en réseau entrepreneurs, organisations, décideurs et investisseurs qu’il poursuit à Paris à travers la start-up Connectx. Mais cette fois-ci à une échelle plus grande : celle de la diaspora africaine à Paris et issue des pays émergents.

« Les fonds d’investissement tournés vers l’innovation doivent de plus en plus être attentifs à la diversité des projets. Ils sont peu nombreux aujourd’hui à être ouverts sur l’Afrique ou d’autres continents. Tout est centralisé sur l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du nord », estime Bacely en se félicitant de l’ouverture d’une filiale de Partech en Afrique qui emboîte le pas aux géants du net comme Google ou Facebook qui investissent déjà sur le continent.

Trouver des mentors

Les Connectx sont des moment adéquats pour faire du réseautage. Jean-Jacques Languy, entrepreneur franco-ivoirien participe régulièrement aux rencontres. Il y a trouvé des mentors pour développer son application de streaming musical chrétienne, Dorhema. « Le fort de l’entrepreneur, c’est d’avoir un bon réseau. Et c’est en cela que l’initiative de Bacely est intéressante, parce que les Connectx permettent aux entrepreneurs de se connecter entre eux. » Idem aussi pour Daniel Cheaib, Franco-Libanais qui vient chercher quelques contacts. Consultant dans une entreprise spécialisée en stratégie, il va bientôt quitter sa société pour monter une plateforme sociale qui permettra de pratiquer du sport entre amis.

En plus de deux ans, près de 1 000 entrepreneurs se sont déjà rencontrés à l'occasion des événements du Connectx, selon son fondateur qui voudrait faire grandir le concept dans plusieurs pays à travers le monde. Pour le moment, son engagement paie déjà. La première reconnaissance est venue de l’Organisation internationale de la francophonie pour laquelle, la start-up a organisé en mars 2017 un « innovathon » de 72h dans le but de créer de nouveaux usages pour promouvoir la langue française.