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France Afghanistan Mode Droits des femmes

Publié le • Modifié le

Sami Nouri, un créateur de mode qui veut «donner la liberté à la femme»

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Sami Nouri au travail dans son atelier parisien, le 24 mars 2017. JOEL SAGET / AFP

A seulement 21 ans, le créateur Sami Nouri commence à bâtir sa carrière dans le monde de la mode. Né en Afghanistan et élevé en Iran, avant de s’installer en France après un long périple, il s’inspire surtout de l’exil et prône la liberté, loin des souvenirs de son enfance.


Samedi 3 mars à Versailles, dans les salons de l’hôtel Trianon, Sami Nouri a présenté, en parallèle au calendrier officiel de la Fashion Week parisienne, une vingtaine de robes de sa nouvelle collection de prêt-à-porter haut de gamme. « Les gens s’attendent à ce que je fasse une mode "orientale", avec des voiles. Mais je suis en France et je m’inspire de la liberté », explique le jeune homme.

Baigné dans l’univers de la haute couture ces dernières années, le créateur, qui a fait ses armes dans les ateliers de Jean-Paul Gaultier et John Galliano, a montré, encore une fois sur le podium, des femmes « sexy », comme il le répète souvent. « J’essaie de faire de créations qui mettent le corps en valeur », expliquait le couturier à RFI, quelques heures avant son défilé. « En regardant mes collections depuis le début, on voit que cette idée de liberté a toujours été présente ».

« Quand j’étais petit, le principal souvenir que j’avais des femmes était ces longs voiles noir jusqu’aux pieds », raconte-t-il. « Elles étaient tout le temps à la maison et ne travaillaient pas à l’extérieur. En France, elles portent toutes sortes de vêtements. Certaines peuvent être vulgaires, d’autres non, mais c’est avant tout la liberté. Elles portent ce qu’elles ont envie de porter ».

Après l’exode, les podiums

Si Sami tient autant à la liberté, c’est surtout parce qu’il a connu, comme tant d’autres dans son pays, les dégâts de l’oppression et les routes de l’exil, thème récurrent dans ses créations. Né en Afghanistan, il a fui les talibans avec sa famille à l’âge de cinq ans pour s’installer en Iran, avant de déménager en Turquie. A l'âge de 14 ans, il laisse les siens derrière lui pour arriver seul en France, grâce à un passeur, qui l’abandonne, sans rien dire, devant la gare de Tours.

Le périple de Sami a fait couler beaucoup d’encre dans la presse, fascinée par la ténacité du jeune homme qui a appris à coudre avec son père, à l’âge de huit ans, et qui se lance maintenant dans la mode à Paris. Mais aujourd’hui, il ne veut plus qu’on parle de son histoire et considère que la page de l’exode est tournée.

Au lieu d’être cantonné dans le rôle du réfugié qui a réussi, le couturier préfère que l’on s’attarde sur son travail, dont la rigueur est souvent saluée, y compris par ses pairs. Comme le créateur américain Marc Jacobs, qui lui aurait proposé un poste dans son studio à New York, ou encore les marques françaises Saint James et Charles Jourdan, avec lesquelles il a déjà collaboré.

Néanmoins, son passé est encore une composante de sa jeune carrière. Comme sur ces fils barbelés stylisés, devenus sa marque de fabrique et présents sur chaque collection. Ou encore lors du défilé à Versailles, quand le duo de chanteurs Madame Monsieur, qui représente la France au prochain Eurovision, s’est produit sur le podium avec la chanson Mercy, une ode aux enfants réfugiés et un joli clin d’œil pour ceux qui, comme Sami, ont vécu l’exode.

« Je me sens un peu militant, mais je ne peux pas changer un pays ou donner des leçons. En revanche, je montre que c’est important de donner la liberté à une femme, que ce soit ma mère, ma sœur ou toutes les autres. On est tous des êtres humains, alors pour moi il n’y a pas de différence entre femme et homme », conclut-il.

Chronologie et chiffres clés