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Publié le • Modifié le

Géopolitique: la crise des migrants au coeur du Forum de Bruxelles

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Khadija Zamouri, députée au Parlement de Bruxelles, flamande d'origine marocaine, plaide pour l'inclusion économique des minorités lors d'un panel sur l'équité économique le 9 mars au Brussels Forum. RFI/Sabine Cessou

Le Forum de Bruxelles, conférence de haut niveau organisée du 8 au 10 mars par le think tank américain German Marshall Fund (GMF), se penche chaque année sur la relation entre l’Europe et les Etats-Unis. Le thème de 2018 : « Réviser, redémarrer, reconstruire : stratégies pour un temps d’incertitudes ». Il a été question du Brexit, de l’administration Trump, mais aussi de la crise des migrants.


« Rôle de l'Etat, identités dans un monde de migrations, rendre la croissance plus inclusive, se battre pour l’égalité économique »… Bien des questions globales soulevées lors du Forum de Bruxelles sont celles qui se posent de manière récurrente en Afrique. En présence de sommités du monde de la recherche et des institutions internationales (Otan, département d’Etat américain, Union européenne), ce rendez-vous annuel, suivi par plus de 400 personnalités, n’est pas tout à fait un colloque de plus.

Organisé par un think tank américain lancé à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour veiller à l’avenir de l’Europe en reconstruction, le German Marshall Fund of the United States (GMF), le forum est devenu au fil des ans un marqueur de tendances, au croisement de la recherche, du secteur privé et des politiques publiques.

La question migratoire a été abordée dès l’ouverture par l’Italienne Federica Mogherinni, vice-présidente de la Commission européenne, en termes politiques : « Notre priorité numéro 1 consiste à mettre fin à la guerre en Syrie, en travaillant à une solution politique », a-t-elle déclaré. Mateusz Morawiecki, le Premier ministre de Pologne, a enchaîné : « Nous croyons qu’il est possible de traiter plus efficacement les migrants en Italie, en Libye ou au Liban. Nous avons déjà constaté une baisse de 70% des arrivées de migrants en Italie en 2017, par rapport à 2016. Quelle est notre réponse face à une Afrique de 1,1 milliard d’habitants ? 2 millions, 12 millions, 22 millions ? Combien de personnes l’Europe est-elle prête à accueillir ? »

L’immigration, une question qui se pose aussi en Afrique

Des discussions tenues en comité restreint, le soir, dans des salons du grand hôtel Steingenberger, ont par ailleurs abordé des questions majeures. Parmi elles, les migrations, sous cet intitulé : « Where is home in a global world ? » (Où est-on chez soi dans un monde globalisé ?). Aux côtés de Manolis Vournos, le maire de Chios, une île grecque proche des côtes turques qui a géré tant bien que mal un afflux massif de migrants depuis 2015, l’Afrique a été représentée par Youssef Amrani, ancien ministre des Affaires étrangères du Maroc et conseiller du roi.

Il a rappelé que le Maroc, pays « de départ, puis de transit, puis de destination » de l’émigration, a décidé de traiter en 2013 les migrants africains avec une politique « humaine et solidaire ». Les deux vagues successives de régularisation lancées en 2014 au bénéfice de 25 000 personnes puis en 2016, ont cependant fait beaucoup moins parler d’elles, dans les médias, que la situation des migrants qui tentent le passage vers l’Europe par l’enclave espagnole de Melilla.

«Les interventions humanitaires font plus de mal que de bien»

Les discussions ont porté pour l’essentiel sur la nécessité de « reconstruire la confiance » en Europe et aux Etats-Unis, aussi bien entre alliés au sein de l’Otan qu’à l’égard de la technologie, de la presse, le commerce ou la démocratie. La « menace nord-coréenne » a fait l’objet d’un panel, de même que la « constellation des puissances mondiales », tandis que deux autres panels ont concerné l’Afrique indirectement.

Le premier, sur les « réfugiés en crise », s’est tenu en présence de Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’Etat américaine, et Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale. Le second, intitulé « Les interventions humanitaires font plus de mal que de bien », a suivi une ligne volontairement contradictoire dans un style propre à l’université britannique d’Oxford.

Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères, invité en tant que fondateur de Médecins sans frontières (MSF), et Kori Schake, directeur général adjoint de l’Institut international des études stratégiques (IISS, basé à Londres), se sont opposés à cette affirmation, au contraire défendue par deux chercheurs britannique et américain, Frank Ledwidge, du Royal Air Force College et Rajan Menon, de la Columbia University. A lui seul, cet intitulé peut se lire comme un symptôme du repli sur soi à l’œuvre en Europe et la tentation protectionniste, de retour aux Etats-Unis.

Chronologie et chiffres clés