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Publié le • Modifié le

Au Bénin, l'émission de téléréalité «Dis-moi qui est la plus belle» cartonne

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L'affiche de l'émission de téléréalité avec les 8 candidates de «Dis-moi qui est la plus belle». RFI / Delphine Bousquet

« Dis-moi qui est la plus belle » est la première téléréalité béninoise traitant de la beauté africaine. Une approche qui séduit des milliers de téléspectatrices à travers le pays.


Tous les samedis, Ariel, Femi et leurs amis se retrouvent pour regarder « Dis-moi qui est la plus belle ». Ce soir-là, ils sont une dizaine, garçons, filles, étudiants ou jeunes actifs, installés autour d’un grand écran plat chez Ulrich. A l’image d’Ariel, étudiant en communication de 25 ans, ils sont accros : « On attendait ça depuis longtemps ! On regarde les émissions françaises comme Secret Story ou les Anges et on se disait : "Pourquoi pas la même chose au Bénin ?" On se reconnaît dans ce qu’on voit, même si ça ne ressemble pas à la téléréalité habituelle ».

L’émission est plutôt un concours de beauté filmé : 8 candidates sont restées 10 jours dans une villa en octobre avec des épreuves à passer. Chaque émission d’une heure se compose d’un court résumé en images et surtout de la confrontation avec les jurés. Ils sont trois : Valérie Vinakpon, restauratrice, Erick Ahounou, photographe connu pour ses nus féminins, et Pépita D, styliste réputée.

« Le thème de la beauté nous a paru le plus intéressant, parce qu’il y a un clivage évident entre les valeurs occidentales et les nôtres, explique Luc Vodouhe, administrateur général de Jawuntaa, l’agence de communication à l’origine du programme. Et quand on croise avec le besoin de consommer de la téléréalité chez nous, ça donne ce concept. »

Diversité

Un concept qui a trouvé son public. Les téléspectatrices se réjouissent de voir des candidates très différentes les unes des autres, bien loin de la minceur affichée dans les concours locaux de miss. Les téléspectateurs apprécient la mise en valeur de la beauté béninoise. « Quand on a regardé la première émission, on était bluffé, affirme Ariel. C’est la femme africaine avec des formes, des courbes. Il y a même une candidate avec des scarifications sur le visage ! ».

Certaines épreuves pourraient sembler véhiculer une image traditionnelle, voire traditionaliste de la femme : tâches ménagères pour tester le potentiel de fée du logis, cuisine pour vérifier les compétences dans la préparation de mets typiquement béninois ou savoir-vivre. En tout cas, pas de l'avis de ces téléspectatrices. « Ça reflète notre réalité, assure Femi, analyste programmeuse de 23 ans. Quand tu sors avec un mec, si tu ne sais pas préparer à manger, c’est pas la peine. Si tu sais pas t’habiller, il ne peut pas te faire sortir. » Pour Jacques Aguia Daho, sociologue chercheur à l’université d’Abomey Calavi, l’émission pourrait même influencer les comportements : « Il y a une épreuve de sports, c’est novateur comme critère. Mais tout dépendra de quelle beauté sera choisie : traditionnelle, moderne ou entre les deux ».

Pas d’élimination chaque semaine comme c’est pourtant souvent la règle en téléréalité. Luc Vodouhe justifie ce choix : « On ne voulait pas que la candidate ronde, ou la plus petite, tombe dès le départ. Il fallait que tous les aspects de la beauté africaine s’expriment jusqu’à la fin ». La gagnante et ses 2 dauphines seront connues le 27 janvier, désignées par le jury et le vote du public par internet.

Les réseaux sociaux en ébullition

Sur les réseaux sociaux, « Dis-moi qui est la plus belle » devient un petit phénomène. « Dès le 2e épisode, on a remarqué que tout le monde en parlait sur WhatsApp et sur Facebook, avec des commentaires, des photos des candidates », constate Mirabelle Montcho, en 3e année de journalisme. D’ailleurs, chez Ulrich, c’est smartphone connecté en main qu’on regarde, qu’on filme même via Facebook live pour des amis à l’étranger qui ne peuvent pas suivre l’émission. Les remarques et les critiques fusent oralement comme à l’écrit. « Les téléspectateurs ont tous les éléments pour construire leur analyse, car il y a une proximité sociale et culturelle. Et ça les rapproche aussi alors qu’avec les émissions européennes, ils observaient une réalité éloignée d’eux », analyse Mirabelle Montcho.

Certains téléspectateurs font part de leur déception sur un point : on ne voit pas assez les candidates en situation d’épreuve, et trop avec le jury. « Nous avons des moyens encore limités, admet Luc Vodouhe. Il faudrait 8 caméras et nous n’en avons que 5. On va améliorer ce déficit technologique ». Une promesse pour la prochaine saison dont le tournage devrait démarrer début 2018. Avis aux intéressées : 300 candidates, de toute la sous-région, avaient participé à la pré-sélection.

Chronologie et chiffres clés