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Russie Sports Coupe du monde 2018

Publié le • Modifié le

Football: à un an de la Coupe du monde, la jeunesse russe impatiente

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Les jeunes volontaires auront un rôle important pendant la Coupe du Monde. Au milieu, la directrice du centre MGIMO, Narine Lalayan. Thomas-Sean de Saint Leger/RFI

Dans un peu plus d'un an, la Russie organisera la XXIe Coupe du monde de football, la première de son histoire. Au pays où le hockey est roi, la grand-messe du ballon rond se prépare pour l'instant discrètement. La compétition n'en demeure pas moins très attendue par une jeunesse fière de voir son pays devenir le centre de la planète football mais aussi soucieuse d'en donner une meilleure image.


Un samedi de la fin avril dans le quartier-dortoir de Khorochevski, au nord-ouest de Moscou. Pas de nuages dans le ciel, mais une ombre, celle de l'Arena, l'enceinte rutilante des joueurs du CSKA, ce club plusieurs fois sacré sur la scène nationale et vainqueur de la Ligue Europa en 2005.

A quelques mètres de là, un stade beaucoup plus modeste, coincé entre des barres d'immeubles et une large avenue. Ici, on joue pour le plaisir. Depuis le bord du terrain, entraîneurs et supporters encouragent leurs favoris : « Davai ! » (« Allez  ! »).  Chaque semaine, comme des millions de footballeurs amateurs dans le monde, Sacha, Serguei et leurs amis enfilent le maillot d'une petite équipe de copains. Ils sont étudiants, la vingtaine, et viennent d'un milieu social relativement aisé.

La Coupe du monde à domicile, ces passionnés la voient comme une chance inouïe : « Je compte les jours ! Vous vous rendez compte ? Ronaldo et d'autres grands noms ici  ! Cela va populariser davantage le football, donner l'envie aux gens de jouer », s'enthousiasme Sacha, le grand brun, meneur de jeu sur le terrain, farceur en dehors. « Et puis regardez ce stade (il montre l'Arena CSKA) : avant j'avais honte de nos installations, maintenant nous construisons des enceintes comme celle-ci. Je me pince pour y croire, cela me rend fier ».

L’Allemagne et l’Italie ont la cote, la Russie beaucoup moins

Cette fibre patriotique vibre moins quand Sacha et sa bande évoquent l'équipe nationale. « Nous n'attendons pas grand-chose de la " Sbornaya ", dit l'un d'eux. Ce tournoi est d'abord l'occasion de voir évoluer les meilleures sélections du monde. Nous continuerons à le suivre même si la Russie est éliminée ».

Au pays du mythique Lev Yachine, un autre gardien a la cote, le vétéran Gianluigi Buffon, dernier rempart de l'Italie. Avec l'Allemagne, la « Squadra Azzura » est d'ailleurs l'équipe la plus attendue par ces jeunes.

A un an de la Coupe du monde, les opérations séduction se multiplient. Ici au Muzeon Park de Moscou, une installation éphémère autour du football. Thomas-Sean de Saint Leger/RFI

La France est aussi citée. Pas par Sacha. Mais ses raisons n'ont pas grand-chose à voir avec le niveau des Bleus. « J'aimerais voir plus de joueurs blancs en équipe de France. Cela correspond à l'histoire de cette nation. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'ils sont plus arabes ou africains dans leur mentalité. Alors pourquoi ne jouent-ils pas pour leur pays d'origine ? La couleur de la peau ne doit pas être un critère, à condition que les joueurs s'intègrent à la culture européenne ».

En Russie, pays dans lequel les Africains sont très peu nombreux, ces réflexions ne choquent pas tout le monde. Elles ne sont pas non plus représentatives d'une tendance massive. Loin de là.

Les « Volontaires », de l’enthousiasme au service de la patrie

« Excitation », « Impatience » d'accueillir le monde. A l'est, à l'ouest, au sud ou au nord de la ville, les mêmes mots dans la bouche d'une grande majorité de jeunes Moscovites. Au MGIMO, le réputé institut des relations internationales, une aile du bâtiment est devenue un centre de recrutement et de formation pour les « volontaires », ces bénévoles qui seront notamment chargés des relations avec la presse et le public pendant le Mondial.

A la baguette, la dynamique Narine Lalayan, toute fière de montrer le ballon signé par un prestigieux visiteur, l'ancien joueur du « Barça », Carles Puyol. Fière aussi de souligner l'implication de ses jeunes compatriotes. « Ici, nous avons déjà reçu 16 000 candidatures, pour 400 places ! Majoritairement des étudiants de 18 à 25 ans, dont beaucoup de filles, explique-t-elle. Pour eux, c'est une occasion de pratiquer des langues étrangères, de rencontrer des personnes d'horizons différents. L'expérience est également utile pour leur future vie professionnelle. Mais la principale motivation, c'est de représenter dignement la Russie ».

« C’est vrai, reprend Kostia, un étudiant francophone, marqué par les incidents de Marseille lors du dernier Euro. Ça m’a fait mal au cœur. Un petit groupe de supporters a fait des bêtises, et maintenant tout le monde pense que notre pays est plein de ce type de gens violents. C’est notre tâche de prouver le contraire, de montrer le côté chaleureux de la Russie. Nous n’avons pas tous l’occasion de voyager, alors quand les autres viennent, c’est une super occasion d’échanger des idées, de communiquer. Ça sera une grande fête ! »

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