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Voyage Découverte Etats-Unis Immigration

Publié le • Modifié le

New York, terre d’accueil

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Un vendeur de rue immigré sur la 7e avenue, New York © Céline Develay-Mazurelle

Depuis ses origines, New York se bâtit grâce aux millions d’immigrés qui viennent décrocher ici un morceau de rêve américain. Aujourd’hui encore, du Queens en passant par Coney Island ou China Town, la cité portuaire continue d’afficher un visage cosmopolite et métissé hors du commun. Une ville où partout, flotte un parfum de « capitale…du monde ».


Dans les rues de New York © Céline Develay-Mazurelle

A New York, le monde est partout… et à chaque coin de rue ! Dans ce village global par excellence où, aujourd’hui, plus d’un tiers des habitants est né à l’étranger, toutes les cultures, les communautés et les langues se rencontrent sans forcément se mélanger. Les New-Yorkais d’origine étrangère gardent vivantes sur plusieurs générations leur culture tout en étant pleinement américains. Pour le voyageur, l’expérience demeure inédite et invite au vagabondage, de bouts du monde en bouts du monde, de gratte-ciels en brownstones.

L’immigration est inscrite dans l’ADN de la ville. Les premiers habitants de New York, les seuls vrais autochtones, sont les Indiens Lenapes. En 1624, les Hollandais débarquent et fondent la Nouvelle Amsterdam sur l’île de Manhattan. Quarante ans plus tard, en 1664, les Anglais conquièrent cette terre et la baptisent New York. Au XVIIIème siècle, les Irlandais poussés par la famine immigrent en masse en Amérique du Nord. Premier port du monde en 1820, la cité s’ouvre alors à d’autres vagues d’immigration de plus en plus nombreuses : Allemands, Hongrois, Russes, Polonais, Grecs, Turcs, Italiens, etc.
Aujourd’hui, en balade dans la Grosse Pomme, on est saisi et emporté par ce « melting-pot » typiquement new-yorkais. Des lieux rendent hommage au passé héroïque des migrants venus du vieux continent au XIXème et XXème siècles. La ville affiche à chaque coin de rue et sur tous les visages sa dimension multiculturelle.

Des lieux dédiés à la mémoire des premiers migrants

Si le passé migratoire de New York peut se lire dans la géographie même de la ville, notamment dans ses différents quartiers baptisés en fonction des communautés qui jadis s’y sont concentrées, il se retrouve surtout dans deux lieux incontournables, dédiés à la mémoire des premiers migrants : Ellis Island et le Tenement Museum.
Au mitan du XIXe, New York incarne la ville où tout est possible. C’est la porte de l’Amérique, la cité où tous les damnés du vieux continent pourront devenir les pionniers d’un nouveau monde.
L’emblème de cette ouverture c’est Ellis Island, une île située à l'embouchure de l'Hudson à côté de l’îlot qui abrite la statue de la Liberté.

Dès 1892, les autorités américaines y ouvrent un centre d’immigration. Jusqu’en 1924, date à laquelle les Etats-Unis instaurent des quotas très restrictifs, près de 16 millions d’immigrés passent ici. Ce centre d’immigration a succédé à Fort Clinton ou Castle Clinton, situé à Battery Park, à l’extrême sud de Manhattan. C’est là qu’entre 1855 et 1890, débarquaient les nouveaux arrivants dans un chaos relatif.
Ellis Island a été construit pour accueillir des vagues de migrants en masse : près de 10 000 par jour. Sur plus de 11 hectares, le site a été pensé comme une ville, avec tous les services nécessaires à son autosuffisance: hôpital, dortoir, cantine, boulangerie… Ce centre reflète l’institutionnalisation de l’immigration américaine. L’élégante et imposante architecture néo-renaissance d’Ellis Island devait faire comprendre aux candidats à l’immigration l’importance et le caractère solennel de cette étape.

L'imposant grand hall central aux allures de hall de gare a notamment vu passer plus de cinq millions d’Italiens, quatre millions d’Irlandais et six millions d’Allemands arrivés au terme d’un long voyage en bateau, à fond de cale, souvent sans aération ou lumière… Fermé en 1954 et transformé en musée national en 1990, Ellis Island retrace les grandes heures de l’immigration américaine et le parcours du combattant des migrants en quête d’Amérique. Les images d’archives de ces migrants débarquant l’air hagard et la mine pâle, un simple baluchon pour tout bagage captent d’emblée l’attention du visiteur. De vieilles valises, des lunettes ou des chaussures exposées dans le grand hall attendent toujours qu’on vienne les chercher...