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Publié le • Modifié le

Rapport 2016 d'Amnesty sur la peine de mort: une baisse en trompe-l'œil

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Le rapport annuel d'Amnesty international sur la peine de mort est désormais disponible sur le site de l'organisation. ANTHONY WALLACE / AFP

Le nombre d'exécutions à mort a baissé dans le monde en 2016. C'est ce que révèle un rapport publié par Amnesty International ce mardi 11 avril 2017. Il y a eu 1 032 exécutions en 2016 contre 1 634 en 2015. Mais un autre rapport de l'association appelle à prendre ces chiffres avec précaution. Les données en Chine sont parcellaires, alors qu'il s'agit du pays qui exécute le plus grand nombre de condamnés.


Le nombre d'exécutions à mort a baissé dans le monde en 2016. Telle est la conclusion du rapport annuel d'Amnesty International sur le sujet. Il y a eu moins d'exécutions, mais aussi moins de condamnations. Et pour la première fois depuis 2006, les Etats-Unis ne figurent pas dans les cinq premiers pays qui exécutent le plus de condamnés. Derrière la Chine, on retrouve l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Irak et le Pakistan.

Pour Anne Denis, responsable de la commission « Abolition de la peine de mort » au sein de l'ONG Amnesty international, cette baisse s'explique par un changement de comportement des juges, mais aussi par des raisons pratiques : « Moins d’exécutions pourquoi ? Parce qu’il y a pas mal de recours de la part des condamnés sur les méthodes d’injection létale. Donc, effectivement, il y a des sursis à exécution, il y a des exécutions qui ont été reportées. »

« Il y a aussi pas mal de difficultés pour les Etats à obtenir les drogues létales. Les laboratoires européens ont refusé de fournir des drogues létales aux Etats pour exécuter et les laboratoires situés aux Etats-Unis ont emboîté le pas. L’année dernière, il y a eu Pfizer qui a déclaré ne plus vouloir fournir les Etats en drogue létale. Donc, difficulté de s’approvisionner en drogue létale et recours, ce sont deux des causes de la baisse », décrypte Anne Denis.

Le cas particulier de la Chine, numéro 1 du classement

Aujourd'hui, Pékin tente de masquer les chiffres exacts au sujet de la peine capitale, en envoyant de faux signaux de transparence. En Chine, « il y a une très, très grande différence entre les cas qui sont mis en ligne et la réalité - parcellaire elle aussi - relevée par les médias, commente la représentante de l'ONG. Le nombre d’exécutions qui a été relevé par les médias était supérieur à 900 et on a retrouvé sur la base de données seulement 85 de ces 931 cas relevés dans les médias. »

Amnesty International considère avoir la preuve de cette volonté des autorités de ne pas dévoiler toutes les exécutions et toutes les condamnations à mort. « On en a la preuve, parce qu’on n’a pas retrouvé trace d’exécution de ressortissants étrangers condamnés à mort pour infraction liée à la législation sur les stupéfiants. De même, on n’a pas retrouvé mention d’exécution pour fait de terrorisme. »

Enfin, autre découverte d'Amnesty International : le Vietnam, qui pratique aussi le secret d'Etat, aurait exécuté plus de 400 condamnés entre août 2013 et juin 2016. C'est ce qu'ont révélé certains médias vietnamiens en février 2017. Si ces informations étaient confirmées, cela placerait le Vietnam à la troisième place des Etats qui exécutent le plus grand nombre de condamnés à mort établi par l'ONG.

Un bilan contrasté en Afrique

La bonne nouvelle est la réduction significative du nombre d'exécutions menées en Afrique subsaharienne. Le nombre d'exécutions enregistrées a diminué d'environ 48% : 22 exécutions ont été enregistrées en 2016 contre 43 en 2015. Cinq pays d'Afrique subsaharienne ont exécuté des condamnés à mort en 2016 contre 4 pays en 2015 : le Botswana, le Nigeria, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud. Au total cela représente 22 personnes exécutées dont plus de la moitié en Somalie.

Viennent ensuite les condamnations à mort prononcées mais pas exécutées : 1086 en 2016, soit deux fois plus qu’en 2015. Cela peut surprendre car globalement moins de pays sont concernés, mais au Nigeria le nombre des peines capitales a explosé : plus 500 condamnations en 2016, un record. Vient ensuite le Cameroun avec 160 condamnations selon Amnesty.

La bonne nouvelle vient du Bénin où la peine de mort a été abolie. Même chose en Guinée, mais uniquement pour les crimes de droit commun. La justice militaire guinéenne prévoit toujours la peine capitale pour certains crimes jugés exceptionnels.

L'autre lueur d'espoir, vient d'Afrique du Nord. Globalement, la peine de mort a reculé même si 50 peines capitales ont encore été prononcées en Algérie. Les données manquent pour la Libye alors qu’en Egypte, le nombre d'exécutions a doublé. Amnesty en a recensé 44 l'an passé.

Tout savoir sur le rapport 2016 sur la peine de mort sur le site d'Amnesty International

Chronologie et chiffres clés