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OIAC ONU

Publié le • Modifié le

Le prix Nobel de la paix a été décerné à l'OIAC pour son combat contre les armes chimiques

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Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Fondée en 1997 et soutenue par l'ONU, l'OIAC a pour objectif, selon son site internet, « l'élimination complète des armes chimiques dans le monde entier ».


L'annonce avait fuité plus d'une heure avant la déclaration officielle du Comité, la chaîne de télévision publique NKR ayant dévoilé l'information sur son site. Le président du Comité Nobel, Thorbjoern Jagland a expliqué qu'il avait choisi l'OIAC en raison de « son travail considérable visant à éliminer les armes chimiques ».

L'OIAC a réagi à l'annonce de ce prix en disant espérer que ce prix Nobel convaincra tous les pays d'interdire les armes chimiques. François Hollande, salue lui une consécration pour l'action française en Syrie.

Mesdames et Messieurs, Le Comité Nobel de Norvège a décidé que le prix Nobel de Norvège était attribué à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, pour son travail considérable visant à éliminer les armes chimiques. (Thorbjörn Jagland, président du Comité Nobel)

Fondée en 1997, après l'entrée en vigueur de la Convention internationale contre les armes chimiques (adoptée en 1993), l'OIAC compte 189 Etats membres. L'organisation, basée à La Haye, a réussi, selon le Comité Nobel, à faire de l'utilisation des armes chimiques, un tabou dans le droit international.

L'OIAC a pour mission principale de vérifier la destruction de toutes les armes chimiques existantes et de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la fabrication d'armes chimiques. Elle fournit une assistance et une protection à tout Etat membre faisant l'objet de menaces ou d'attaques à l'arme chimique. Elle œuvre également à la promotion de la coopération internationale dans le domaine de l'utilisation pacifique de la chimie.

Ce prix Nobel assez classique s'inscrit dans l'actualité. L'OIAC a notamment été chargée par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU de superviser le démantèlement d'ici au 30 juin 2014 de l'arsenal chimique du régime du président syrien Bachar el-Assad.

Selon l'organisation, 58 172 (soit 81,71%) des 71 196 tonnes de stocks mondiaux déclarés d'agents chimiques ont d'ores et déjà été détruits sous vérification, dans des pays comme l'Irak, la Libye, la Russie, ou encore les Etats-Unis. L'organisation a mené plus de 5  000 inspections sur le territoire de 86 Etats membres. Le Comité Nobel a pointé du doigt les quelques Etats qui n'ont pas encore signé ou ratifié la Convention, dont font partie la Syrie, Israël, ou encore la Corée du Nord. Sont aussi dénoncés les Etats qui n'ont pas respecté les délais leur imposant de détruire tous leurs stocks d'armes chimiques avant avril 2012, en citant ici nommément les Etats-Unis et la Russie.

Le désarmement est un point central du testament d'Alfred Nobel, auquel se réfère le Comité chaque année. La dimension historique a été soulignée dans la justification de ce prix, en rappelant que les armes chimiques ont été utilisées en grande quantité pendant la première Guerre mondiale, puis par Hitler dans ses exterminations massives.

Citée comme possible lauréate, la jeune pakistanaise Malala Yousafzai, a peut-être été jugée trop jeune pour l'emporter. Les cinq membres du Comité auraient alors considéré qu'ils ne pouvaient pas lui faire supporter pour le restant de ses jours le poids considérable du prix Nobel de la paix.


Le Comité a voulu récompenser une organisation qui était quasiment inconnue du grand public il y a encore quelques semaines. C'est son rôle joué dans la crise syrienne qui l'a placée sur le devant de la scène. Mais il s'agit également de souligner le travail accompli depuis la création de l'OIAC en 1997, un travail absolument remarquable aux yeux d'Oliver Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique, et spécialiste des armes chimiques.

Il ne faudrait pas que l'arbre chimique syrien cache la forêt du travail remarquable qui a été conduit par cette organisation, qui a permis la quasi éradication de l'arme chimique, ou en tout cas des arsenaux militaires étatiques.
Olivier Lepick Chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste des armes chimiques 11/10/2013 Écouter

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