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France Terrorisme

Publié le • Modifié le

Procès des «bonbonnes de gaz»: expertise psychiatrique avant le réquisitoire

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Policiais franceses patrulham o exterior da catedral de Notre-Dame enquanto as pessoas se preparam para assistir à missa da Páscoa, no dia 27 de março de 2016, em Paris. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le procès de la tentative d'attentat près de la cathédrale Notre-Dame de Paris entame sa phase finale ce jeudi avec le réquisitoire. Les débats se sont soldés mercredi avec l’audition du psychiatre qui a expertisé les prévenus. Il est notamment revenu sur la relation complexe entre les deux principales accusées. On rappelle qu’au moment de la tentative, Ornella Gilligmann pensait que sa complice Ines Madani était la sœur d’un combattant revenu de Syrie dont elle était tombée amoureuse sur internet. Sauf que ce terroriste n’était autre qu’Ines Madani, qui se faisait passer pour un homme.


Depuis le début du procès, sans échanger un regard, les deux femmes se sont rejeté l’initiative de la tentative d’attentat. Ornella Gilligmann a plaidé que c’était manipulée par son fiancé virtuel qu’elle s’était laissée entraîner dans cet acte, qu’elle avait d’ailleurs voulu faire échouer.

Pour Ines Madani, c’est au contraire Ornella qui a évoqué la première l’attentat et avait le contact du terroriste présenté comme son instigateur. Alors laquelle faut-il croire ?

Ni l’une ni l’autre, estime le psychiatre. Il explique : « Il n’y a aucun sens à raisonner en répartition de responsabilité ou d’intention criminelle. Même si Ornella Gilligmann a été complètement flouée dans la relation, pour le passage à l’acte, il n’y a pas une manipulatrice d’un côté et une victime de l’autre. Elles se sont toutes les deux monté le bourrichon » simplifie l’expert. Pour lui, Inès Madani cachait ses failles en se posant en héros de l’Islam et Ornella Gilligmann faisait de la surenchère pour lui plaire. « C’était un jeu de dupes » dit-il, « et maintenant qu’il est fini, chacune rejette la détermination de l’acte terroriste sur l’autre pour cacher le plus gênant : pour Ines, la séduction à laquelle elle s’est livrée, pour Ornella, son engagement radical avant l’amour de cet homme. »

Pour le psychiatre, chacune reconstruit sa vérité, mais « pas forcément pour échapper à la justice, ce peut être sincère » souligne-t-il. Malgré cette expertise, la cour semblait toujours perplexe face à la dynamique complexe entre les deux femmes.

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