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France Santé et médecine

Publié le • Modifié le

France: 38 enfants surexposés à l'arsenic dans l'Aude

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Chevalet de la mine de Salsigne. C'est la structure qui servait à descendre et remonter les mineurs dans les galeries souterraines. (M.Benchelah)

L’Agence régionale de santé d’Occitanie en France tire ce mardi 13 août un signal d’alarme. Trente-huit jeunes enfants vivant à proximité de l’ancienne mine d’or et d'arsenic de Salsigne (Aude) présentent un taux d’arsenic supérieur à la moyenne.


C’est un triste héritage de cette ancienne mine d’or, qui pendant plus d’un siècle, était la plus grande d’Europe. Fermée définitivement en 2004, elle a laissé derrière elle des tonnes de déchets toxiques. Ces résidus saturés en soufre, en cyanure et en arsenic polluent les eaux et les sols autour de Salsigne depuis des années et affectent la santé des habitants. Les inondations catastrophiques qui ont dévasté la région en octobre de l’année dernière n’ont fait qu’aggraver la situation.

La rivière de l’Orbiel, sortie de son lit, aurait éparpillé ces déchets dans les villages en aval. Et selon les dernières analyses, sur 103 enfants âgés de quelques mois à 11 ans, 38 ont aujourd’hui dans leur urine un taux d’arsenic supérieur à 10 microgramme/gramme, la valeur normale. Dix d'entre eux ont même un taux supérieur à 15 microgramme/gramme.

Dans le cas de l'arsenic, l'ingestion par les habitants de certains aliments produits localement (légumes racines, légumes feuilles, champignons, plantes aromatiques...) ou d'eau de boisson contaminée « est très largement majoritaire », selon l'ARS. À court terme l’empoisonnement à l’arsenic peut provoquer des maux de ventre, de tête, des insomnies ; à plus long terme : des cancers. Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables, car l’arsenic peut se fixer sur leurs organes en pleine croissance.

« On est dans un pays où les règles ne sont pas les mêmes si on se trouve à Paris ou au fin fond de la province », s'emporte le maire de Lastours, Max Brail. « À Paris (où les travaux de décontamination des sols pollués au plomb après l'incendie de Notre-Dame viennent de débuter), on y met les moyens, mais chez nous, non », ajoute-t-il à l'AFP.

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