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France Guinée Justice

Publié le • Modifié le

Mort de Mamoudou Barry en France: un suspect interpellé

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Le suspect, de nationalité turque, pourrait avoir des antécédents psychiatriques (image d'illustration). GERARD JULIEN / AFP

L’enseignant-chercheur guinéen, roué de coups à Rouen vendredi soir, a succombé samedi à ses blessures. Ses proches dénoncent un crime raciste. 


Le suspect est un Français d'origine turque (et non de nationalité turque comme cela a été évoqué dans un premier temps), âgé de 29 ans, ont précisé des sources policières à l'AFP. L'homme aurait en outre des antécédents psychiatriques et serait connu pour des problèmes de stupéfiants. La garde à vue du suspect a d'ailleurs dû être levée quelques heures après son interpellation, à la suite d'un examen médical qui a conduit à son hospitalisation, a précisé le procureur de Rouen. 

Il aurait été retrouvé grâce à la vidéo-surveillance et à l'audition de témoins. Selon ces derniers, il aurait crié « sales Noirs, on va vous niquer ce soir ».

C'est indéniablement un crime raciste, affirme l'avocat de la famille, qui souligne aussi la violence de l'attaque, puisque Mamadou Barry aurait été battu à coups de poings et de bouteille. En revanche « rien ne permet d'établir que c'est en lien avec la finale de la CAN », précise Maître Haddad.

La famille appelle à ne pas faire d'amalgame

En effet, dès l'annonce de la mort de Mamadou Barry et malgré les appels de ses proches à ne pas faire d'amalgame, certaines personnalités ou quidams avaient pointé du doigt les supporters de l'Algérie, l'agression ayant eu lieu 20 minutes avant la finale de la Coupe d'Afrique des nations entre le Sénégal et l'Algérie.

S'il est désormais établi que le suspect n'est pas algérien, il reste possible que le football ait servi de prétexte à l'agression. Outre que les propos attribués au suspect pourraient faire référence au match, l'homme portait alors le maillot d'un club d'Istanbul.

Toutefois, certaines sources affirment qu'il aurait des antécédents psychiatriques. Il faut donc attendre la suite de l'enquête.


 ■ Vive émotion en Guinée

En Guinée, l’affaire fait la Une de la presse et les hommages se multiplient. Le portrait de Mamoudou Barry, avec son sourire en coin, inonde aussi les réseaux sociaux. Quiconque s’est connecté ce week-end a découvert le visage du jeune docteur en droit décédé moins d’un mois après avoir soutenu sa thèse.

Tristesse, écoeurement, mais surtout « colère » contre un crime « sans aucun doute raciste » pour reprendre les mots de l’avocat de la famille. « Un peuple pleure son fils », dit un internaute. Un ami décrit un « homme bon, studieux et pieux. »

Dans un communiqué, le président de la République s’est dit « très touché par le meurtre du jeune homme » assurant que le gouvernement suivait « de près les enquêtes en cours » en France. « Alpha Condé s’entretiendra avec l’ambassadeur de France […] pour la suite à donner », annonce la présidence.

L’ambassadeur Jean-Marc Grosgurin assure déjà que « tout est mis en œuvre pour que justice soit faite » reprenant les termes du ministre français de l’Intérieur.

« Le sport doit rester un moment de partage et de fair-play », a de son côté déclaré le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo. L’indignation se propage au-delà des frontières puisque le président du Sénégal Macky Sall a dès dimanche soir condamné « le crime odieux perpétré contre Mamoudou Barry ».

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