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France Union européenne Elections européennes 2019

Publié le • Modifié le

Européennes: le PS français sur le point de confier sa liste à Raphaël Glucksmann

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Raphael Glucksmann, en octobre 2016 à Paris. JOEL SAGET / AFP

Les socialistes auraient-ils enfin leur tête de liste pour les élections européennes du 26 mai prochain ? Le philosophe Raphaël Glucksmann pourrait porter leurs couleurs et celle de Place publique, le mouvement citoyen qu'il a fondé fin 2018. Le principe de cette alliance devrait être entériné samedi 16 mars par le Conseil national du PS. D'autres petites formations de gauche sont aussi de la partie.


Vers une liste commune soutenue par le Parti socialiste, Place publique, mais aussi l'Union des démocrates et des écologistes ou encore Nouvelle Donne. Tout de même bien loin du grand rassemblement de la gauche qu'appelaient de leurs vœux Raphaël Glucksmann et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

« Moi, je propose ma candidature pour être tête de liste », a déclaré l'essayiste de 39 ans, qui a fondé Place publique en novembre avec une vingtaine d'autres personnalités. « Je suis confiant que le Parti socialiste va nous rejoindre », ajoute-t-il, précisant qu'il ne va pas adhérer pour autant au parti de la rose.

Après des mois de discussions, c'est donc à l'arrivée une union a minima. Raphaël Glucksmann a eu beau répéter qu'il n'y avait aucune excuse, aucune raison valable au fait de ne pas se rassembler au vu de la proximité des idées défendues par les uns et les autres, l'intellectuel n'a pas réussi à convaincre Europe écologie-Les Verts, les communistes ou l'ancien socialiste Benoît Hamon.

Mais les portes restent ouvertes, c'est ce que va dire Olivier Faure samedi lors du Conseil national du Parti socialiste. Sur la liste, la moitié des places seront réservées aux socialistes encartés, et l'autre moitié ira à leurs alliés politiques, à la société civile et aux éventuels soutiens de dernière minute.

Raphaël Glucksmann se dit « convaincu » que d'autres partis pourraient se joindre à la dynamique qu'il appelle de ses vœux. Il pense évidemment à Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon. Mais ce dernier a balayé d'un revers de main cette perspective ce vendredi matin sur RTL. « Une voix en faveur d'une liste socialiste est une voix perdue pour la gauche », a-t-il lancé.

Certains socialistes demandent une tête d'affiche socialiste

Le premier secrétaire du PS assume. « Accepter la division de la gauche et des écologistes, c'est accepter (le) face à face exclusif entre libéraux et nationalistes. Avec Place publique et tous ceux qui rejoindront cette démarche s'ouvre un chemin, celui des "combats communs" », a-t-il écrit sur Twitter.

Pas de quoi apaiser ceux qui, au sein de son parti, voulaient absolument une tête de liste issue de leurs rangs. « Raphaël Glucksmann n'a aucune valeur ajoutée, s'étrangle un sénateur. Il ne représente que quelques milliers de personnes à l'intérieur du périphérique parisien. Il faut arrêter de s'excuser d'être socialiste. »

Toujours sur Twitter, le sénateur Rachid Temal, soutien d'Olivier Faure lors du congrès de Poitiers, quand il a pris la tête de la formation de François Mitterrand, demande de manière feutrée une liste « socialiste ouverte à la gauche et à la société civile », mais conduite par « une tête de liste socialiste »...

La maire de Lille, l'ancienne première secrétaire Martine Aubry, apporte en revanche son soutien à la démarche. Elle appelle « tous ceux à gauche qui se battent pour une Europe sociale, écologique et démocratique » à se « rassembler » derrière lui et à dépasser « les egos et les appareils ».

Quant à Olivier Faure, il estime pour sa part que c'est la seule manière d'élargir le socle électoral du parti, et espérer redevenir la première force de gauche. Le premier secrétaire du PS est confiant : selon lui, le Conseil national du mouvement le suivra samedi en votant pour cette alliance. Il en est sûr.

La compagne de M. Glucksmann se retire de l'antenne de France Inter

Afin d'éviter « tout soupçon de conflit d'intérêts », après l'annonce de candidature de son compagnon Raphaël Glucksman, la journaliste Léa Salamé se retire de l'antenne de France Inter dès la fin du mois de mars. C'est la radio qui l'a annoncé. Léa Salamé est intervieweuse politique à la matinale d'Inter, la plus importante de France en termes d'audience. Elle reprendra ses fonctions juste après les élections européennes, « le lundi 27 mai ». Mme Salamé est également en charge de « L'Emission politique » de France 2.

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