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Publié le • Modifié le

Les jeunes marchent pour sauver la planète

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Entre 29.000 et 40.000 manifestants ont défilé vendredi 15 mars dans les rues de Paris à l'occasion de la marche des jeunes pour le climat. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les jeunes se mobilisent ce vendredi 15 mars pour le climat et l'environnement en Europe, au Mexique, en Argentine ou encore aux Etats-Unis. Depuis plusieurs semaines, ces manifestations du vendredi sont très suivies en France, notamment à Paris. Une mobilisation initiée par une lycéenne suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, qui a lancé en août sa grève de l'école pour le climat.


L'ambiance était bruyante et déterminée au départ de la manifestation parisienne. Dans la foule des marcheurs, des collégiennes de 14 ans brandissent des discours très structuré et des pancartes très créatives : « Quand c’est fondu, c’est foutu » ou encore « Les utopistes, c’est vous ». « Vous », sous-entendu « les vieux », parce que, disent-ils, on ne peut pas continuer avec le système actuel, « il faut radicalement changer tout le système, arrêter de chercher la croissance économique et sortir de la société de consommation ».

Le départ de la marche parisienne, place du Panthéon, le 15 mars 2019. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Parmi eux, Félix Boisseau-Massoni, 14 ans, en classe de troisième. « Je trouve que les gens ne comprennent pas le terme d'urgence climatique. Les grands dirigeants, soit ils sont extrêmement cons, soit ils sont totalement égoïstes », s'indigne-t-il au micro de notre journaliste, Christine Siebert. « Moi, je rejoins totalement le discours de Greta Thunberg qui accuse les adultes et leur demande pourquoi ils nous ont laissé cet héritage. »

La seule chose que mon école a faite par rapport à cette manifestation, ou par rapport au climat en général, c'est de nous proposer, au lieu de manifester, de faire un débat, d'en parler. Sauf que nous, on vient ici, car on en a ras le bol de parler, de dire qu'il faut éteindre les lumières, jeter nos papiers et que les politiques ne font rien.

Reportage dans Paris de Christine Siebert 15/03/2019 - par RFI Écouter

Ce 15 mars marque le point culminant d’une série d’actions, mais pas le point final. Ces jeunes promettent de persister jusqu’à ce que tout soit changé et avec tous les modes d’actions, dont des actions de désobéissance civile. Ce matin, des jeunes, par exemple, bloquaient le siège de la banque Société générale dans le quartier d'affaires de La Défense. Ils ont fixé une grande pancarte au-dessus de l’entrée pour dénoncer le fait que les banques continuent à investir dans les énergies fossiles. « Les banques salissent notre avenir », mentionnait la pancarte.

A Paris, une centaine d'étudiants et lycéens ont bloqué pendant plus de trois heures l'entrée du siège de la Société générale à La Défense, le 15 mars 2019. REUTERS/Charles Platiau

Selon la préfecture de police, ils étaient 29 000 à manifester dans le calme dans les rues de la capitale, et 40 000 d'après les organisateurs. La tête du cortège est arrivée à 15h aux Invalides, le point final, où, une heure après, les marcheurs continuaient d'affluer, a constaté une journaliste de l'AFP. D'autres manifestations ont été organisées en France. A Lille, ils étaient 6 200 d'après la préfecture du Nord. A Nantes, 10 500.

Plus d'un million de manifestants en Italie

En Italie, plus d’un million de jeunes ont participé à la grève pour le climat et appelé les autorités à agir pour le développement durable. Milan et Rome sont les villes qui ont enregistré la plus forte mobilisation. Dans la capitale, écoliers et lycéens ont manifesté par milliers au cri de « Allez Greta, sauvons la planète ! »

« On veut changer le monde ! On sait que le futur est entre nos mains. Il faut plus de recyclage, moins de pollution, il faut privilégier les transports publics », insiste Clara, 10 ans, venue avec sa classe. Plus loin dans la foule, Andrea relève en particulier la crise chronique de la gestion des déchets urbains. « Le problème des ordures est central à Rome comme à Naples et dans tant d’autres villes. Mais en fait, le respect de l’environnement, ce devrait être l’affaire de chacun d’entre nous ! », affirme-t-il.

Stella, 14 ans, déplore pour sa part le peu d’intérêt du gouvernement sur les questions climatiques. « En Italie, les hommes politiques sont trop indifférents à ces problématiques, donc nous, on doit agir. Moi, je recycle tout ce que peux, j’évite de gâcher du papier et d’acheter des bouteilles en plastique », explique-t-elle. Les Italiens, toutes générations confondues, manifesteront à nouveau à Rome le 23 mars contre l’inaction politique face au changement climatique.

C’est très déprimant, car j’ai seulement 17 ans et le fait de penser que dans 30 ans, notre planète pourrait être complètement détruite est très angoissante parce que j’ai envie d’avoir un futur.

Marche des jeunes pour le climat: à New York, une inquiétude bien réelle 16/03/2019 - par Marie Bourreau Écouter

A Stockholm, où tout a commencé

A Stockholm, Greta Thunberg a pris la parole devant des milliers de jeunes en grève de l'école. « Nous n’acceptons pas cette situation, c’est pour ça que nous faisons la grève, on fait la grève pour le futur, et nous allons continuer », a-t-elle lancé. C'est là, dans la capitale suédoise, que tout a commencé. C'était en août dernier quand l’adolescente alors âgée de quinze ans est venue s’asseoir devant le Parlement suédois, avec une pancarte en carton.

→ A LIRE : Greta Thunberg, la force tranquille du climat

Depuis, Greta Thunberg a rencontré les plus grands, au forum économique mondial de Davos comme à la COP24. Elle a même été proposée pour le prochain prix Nobel de la Paix, rappelle notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux. Et son initiative de grève mondiale de la jeunesse, pour le climat, a rencontré un grand écho : plus de 2 000 manifestions se seraient déroulées ce vendredi, dans 123 pays. Des manifestations dont l'adolescente a partagé de nombreuses images sur son compte Twitter.

« On se retrouve ici tous les vendredis, on parle. Au départ c’est vraiment quelque chose qui est né sur Instagram et Facebook. Mais de voir qu’un seul enfant a lancé un mouvement devenu si grand, si global, c’est incroyable, c’est irréel », s'enthousiasme Patrick, un lycéen de Stockholm. Un mouvement que Greta Thunberg entend continuer tant que son pays, la Suède, ne respectera pas l’accord de Paris sur le climat

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