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Publié le • Modifié le

Marseille: des assureurs sans coeur?

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Des secours à pied d'oeuvre pour tenter de retrouver des éventuels survivants dans les décombres des immeubles du quartier de Noailles, à Marseille, le lundi 5 novembre. HO, Loic AEDO / BMPM/SM Aedo / AFP

Un mois après la tragédie des effondrements d’immeubles de la rue d’Aubagne et ces huit victimes à Marseille, plus de 1 500 personnes ont été déplacées de chez elles en attendant le diagnostic de leur bâtiment. Les propriétaires de l’immeuble en face de ceux du drame ont eu la très mauvaise nouvelle de recevoir un courrier, via leur syndicat de copropriété, de leur assureur Groupama pour leur retirer la garantie « effondrement » de leur contrat d’assurance.


Avec notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt

Un mois qu’elle vit dans une chambre d’hôtel et ne sait pas si elle retrouvera son appartement. Virginie Valier décrit ce courrier comme un acte de cruauté : « Ils le disent clairement, c’est parce qu’il y a eu des effondrements, parce qu’il y a ce risque, ils ne veulent plus nous assurer. Parce que nous sommes en danger, nous ne méritons plus d’être assurés. J’ai l’impression qu’on est à terre et qu’on continue de nous donner des coups de pieds. Un assureur s’est fait pour nous rassurer, pour nous assurer et il ne nous assure de rien du tout. »

Autre assureur ?

Son syndicat de copropriété, en réaction, a essayé de trouver un autre assureur pour le risque d’effondrement et finalement abandonné cette piste face à des primes désormais multipliées par six voire par sept.

Un positionnement tout sauf illégal puisqu’il ne déroge pas au régime des assurances, déplore Fathi Bouaroua, vice-président de la communauté Emmaüs à Marseille : « Visiblement, ils n’en ont rien à faire puisqu’ils disent c’est la loi du commerce, du libre-échange et c’est la loi des contrats. On voit bien que, face à une question de rentabilité, les pauvres ne pourront rien. Les assurances sont là pour faire du beurre, elles ne sont pas là pour couvrir les gens. »

Expertise demandée

Face au tollé provoqué par son courrier l’assureur, Groupama a annoncé qu’il ne renoncerait pas à assurer ses propriétaires de la rue d’Aubagne contre le risque d’effondrement à condition toutefois qu’une expertise conclue que ces immeubles n’ont aucun risque de s’effondrer.

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