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Publié le • Modifié le

Pédophilie dans l’Eglise: une commission indépendante créée

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La Conférence des évêques de France (CEF), réunie en assemblée à Lourdes. Le 4 novembre 2018. ERIC CABANIS / AFP

Pour faire face aux scandales de pédophilie qui touchent l’Eglise française, la Conférence des évêques de France (CEF), réunie en assemblée à Lourdes, a décidé de se doter d’une commission indépendante. Celle-ci sera chargée de « faire la lumière » sur les viols et agressions sexuelles sur mineurs dans l’Eglise depuis 1950. Un nouveau signal envoyé aux victimes : samedi dernier déjà, les évêques avaient accueilli dans leur assemblée des personnes violées par le clergé. L’église veut montrer qu’elle a entendu les témoignages, et promet une «tolérance zéro».


Cette Commission devra notamment comprendre pourquoi les agressions sexuelles et les viols commis sur mineurs ont toujours été mis sous le tapis par l’Eglise depuis près de 70 ans. Pour cela, cette commission va évaluer les mesures prises sur le sujet par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000. Elle pourra aussi proposer « un geste financier » aux victimes d’agressions sexuelles et de viols, par exemple dans le cas où il y aurait prescription (le délai est de 30 ans pour les mineurs de moins de 15 ans), ou si le coupable présumé est décédé. Enfin parmi ses autres missions, la commission devra réaliser un travail de mémoire en recueillant et en conservant les récits des victimes.

Qui composera cette commission ?

Pour qu’elle soit indépendante, cette commission ne sera pas composée uniquement de membres du clergé. Elle pourrait donc être composée d’historiens, de magistrats, de spécialistes de l’enfance comme des pédopsychiatres, de sociologues de l’église ou encore d’un canoniste (spécialiste du droit ecclésiastique). Enfin des victimes d’agressions sexuelles et de viols pourraient être « associées » à cette commission.

Qu’en pensent les victimes ?

« C’est une bonne chose » a réagi Olivier Savignac auprès de l’AFP. Olivier Savignac est une partie civile du récent procès, à Orléans, d’un abbé pour atteintes sexuelles et d’un ancien évêque pour non-dénonciation. « C’est une belle promesse », s’est, quant à lui, réjoui François Devaux, président de l’association de victimes « La parole libérée ».  Avant de nuancer : « Il s’agit d’une annonce, mais des annonces il y en a eu beaucoup dans l’Eglise depuis trente ans ». Les victimes attendent donc désormais de voir si l’Eglise sera à la hauteur de leurs attentes.

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