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Charles Aznavour, une voix française qui résonne dans le monde entier

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Charles Aznavour, le 17 septembre 1966, s'envole pour Mexico. AFP

Charles Aznavour, le monstre sacré de la chanson française avec plus de 100 millions de disques vendus dans 80 pays, a inspiré les plus grandes stars internationales. Grand amoureux des mots, il aimait transmettre son amour de la langue française mais il chantait aussi en anglais, allemand, espagnol, italien avec une volonté assumée d'exporter ses chansons. Il était également une figure au Japon, en Argentine où l'on connaît parfaitement ses chansons et bien sûr aux Etats-Unis.


La mort de Charles Aznavour consécutive à un oedème pulmonaire, « Mister Charles », comme le surnommaient affectueusement les Américains, a une résonance particulière aux Etats-Unis rapporte la correspondante de RFI à New York, Marie Bourreau. Il s'était produit à de nombreuses reprises devant des salles combles. La dernière représentation en 2016 avait eu lieu au Madison Square Garden à New York.

Mais c'est le Carnegie Hall qui restait sa salle de prédilection. Il l'avait loué de sa poche en 1963. Un pari fou qui avait lancé son aventure américaine pendant près d'un demi-siècle. « Quand il est monté sur scène, c'était vraiment une expérience incroyable pour moi parce que jusqu'alors j'avais uniquement vu des artistes comme Ella Fitzgerald ou Frank Sinatra susciter autant d'applaudissements et chanter avec autant d'engagement. C'était extrêmement émouvant », raconte volontiers Gino Francesconi, le gardien des archives de cette salle mythique.

Dès ses premiers concerts à guichets fermés, Charles Aznavour gagne le surnom de « Frank Sinatra français ». Un crooner au grand cœur qui avait su gagner le respect d'artistes tel Bob Dylan et Liza Minelli. « C'est un des plus pros avec lequel j'ai jamais travaillé et surtout extrêmement gentil et attentif à tout le monde », insiste Gino Francesconi. Dans le public, des Français, des Arméniens et surtout chaque fois de plus en plus d'Américains qui se sentent aujourd'hui bien orphelins de celui qu'ils considéraient « comme le dernier des grands chanteurs français ».

Charles Aznavour et Liza Minnelli, le 19 novembre 1987, à Paris. (Photo by John van Hasselt/Corbis via Getty Images)

Les deux derniers concerts de la carrière de Charles Aznavour furent pour le public japonais, le mois dernier à Tokyo et à Osaka. La première fois qu’il était venu au Japon, c’était dans les années 50-60, raconte le correspondant de RFI à Tokyo, Frédéric Charles. Et pendant tout ce temps, les Japonais lui sont restés fidèles.

Dans les années 50, les Japonais étaient encore traumatisés par la guerre, les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, et certains d’entre eux ont trouvé dans la chanson française un refuge pour ne pas céder au désespoir. Et Charles Aznavour en arrivant dans ce Japon des années 50, encore très pauvre, sortant à peine de sept années d’occupation américaine, leur offre une autre façon d’oublier leur peines, leur misère qu’à travers le rock and roll, le jazz ou Marilyn Monroe. D'ailleurs il y a désormais beaucoup de clubs, de boites à chansons françaises à Tokyo qui renvoient surtout aux années 50 et 60, et à Charles Aznavour. Une de ces boîtes à chansons françaises, La Maison Bleue, a été créée à Tokyo par Masako Togawa, connue surtout pour ses polars, un personnage fellinien capable à près de 80 ans, à 3 h du matin une clope dans une main, un verre de cognac dans l’autre, de chanter « La Mama » ou « Le Poinçonneur des lilas » en japonais.

La chanson française est devenue très présente au Japon avec Aznavour, mais aussi Juliette Greco, Yves Montand, Jacques Brel, Léo Ferré et d’autres. Certains artistes japonais se mettent à chanter d'ailleurs en japonais des chansons d’Aznavour, à l’exemple de Naomi Chiaki qui interprète « La Bohème ». Des Japonais apprennent le français en traduisant les chansons d’Aznavour pour mieux les chanter en japonais. Cet extraordinaire appétit des Japonais pour la chanson française surprenait Aznavour. Il disait : « Je crois qu’il n’y a pas un autre pays ou on accepterait d’écouter pendant deux heures un type sur scène qui ne s’exprime qu’en français ».

Charles Aznavour à Tokyo, le 20 avril 1976. Charles Aznavour In Tokyo, Japan On April 20, 1976. JAPAN - APRI

En Argentine, Charles Aznavour était très aimé, surtout parmi les plus de 45 ans, a constaté le correspondant de RFI à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet. Et Cecilia n'hésite pas à chanter Aznavour et à y associer des souvenirs : « Apaga la luz... juegan con mi piel…J'ai un ami qui s'appelle Ignacio et qui adore Aznavour. J'ai partagé de très beaux moments avec lui où nous écoutions toujours cette chanson, et nous dansions et rions. Nous en gardons de très beaux souvenirs. Sa voix est merveilleuse, unique, comme celle de Rod Stewart ou de Phil Collins. Très romantique en plus ».

Mais elle n'est pas la seule à être touchée par les chansons d'Aznavour traduites pour le public hispanophone. « C'est le chanteur français qui m'a le plus marqué. J'ai eu la chance de le voir dans un concert. J'ai été très impressionné par sa facilité avec l'espagnol. C'était presque un chanteur local, chantant des musiques que les gens comprenaient, et avec des paroles très belles aussi », explique Claudio.

Pour Liliana, « Charles Aznavour est une personne que je connais depuis longtemps. Quand j'étais enfant, ma maman l'écoutait tout le temps et j'aimais écouter ses chansons, surtout "Venise sans toi" en espagnol. Ma maman l'adorait et, par chance, j'ai pu l'emmener à un de ses concerts, en fait je l'ai obligée à y aller, quand elle avait 80 ans et lui 90, il y a quatre ans, au concert qu'il a donné au Grand Rex de Buenos Aires».

Les Argentins poussent la chansonnette 02/10/2018 - par Jean-Louis Buchet Écouter

 

Réécoutez l'édition spéciale de RFI consacrée à Charles Aznavour 02/10/2018 - par RFI Écouter

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