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France Egypte Défense Droits de l’homme ONG

Publié le • Modifié le

La France vend à l’Egypte du matériel pour la répression

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En août 2013, des chars ont été déployés dans les rues du Caire pour contenir les manifestants. REUTERS/Louafi Larbi

« Une répression made in France ». C'est le titre du rapport publié par plusieurs ONG et organisations de défense des droits de l'homme selon lesquelles la France exporte des armes et des systèmes de surveillance utilisés par le pouvoir égyptien pour réprimer l'opposition et toute voix dissidente dans le pays. La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et les autres organisations signataires relèvent la forte hausse des ventes françaises à l'Egypte dans ce domaine et estiment que la France ne respecte pas ses engagements internationaux, selon lesquels un pays exportateur d'armes doit veiller à l'usage qui en est fait par le pays acheteur.


Critiqué pour de nombreuses violations des droits de l'homme, l'Egypte est un gros client des industriels français de l'armement et de la cybersurveillance. Dans le rapport publié cette semaine, plusieurs ONG ont identifié les matériels et les entreprises concernées.

« Des blindés légers de Renault Trucks Defense, maintenant Arquus, extrêmement adaptés par rapport aux rues arabes, du matériel biométrique Morpho, aujourd’hui Idémia, qui permet de collecter des données individuelles des Egyptiens, les centraliser et de déclencher des alertes. On a des machines-outils Manurhin qui permettent de produire des munitions », détaille Tony Fortin, chargé d’études à l'Observatoire des armements.

Il faut suspendre ces exportations, disent les auteurs du rapport. Antoine Madelin est chargé de plaidoyer à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme. Pour lui, la France devrait se doter d'un système de contrôle parlementaire comme celui qui existe dans plusieurs pays.

« On a vu concernant l’Egypte, par exemple, que le Congrès américain a bloqué une partie de l’aide militaire en disant " nous bloquons cet argent-là tant que les autorités égyptiennes ne réalisent pas de progrès au regard des droits de l’homme et cessent la répression de toutes voix opposantes " », explique Antoine Madelin.

Les ONG estiment que la France ne respecte pas ses engagements internationaux, notamment une décision européenne de 2013 qui suspendait les licences d'exportation d'équipement pouvant servir à la répression interne en Egypte.

La FIDH, l'Observatoire des Armements et le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) publient cette enquête alors que le ministre égyptien de la Défense Mohammed Zaki était à Paris ce lundi 2 juillet, quelques jours après une visite au Caire du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

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