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Publié le • Modifié le

France: la venue du rappeur Médine au Bataclan fait polémique

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Medine en concert à la Cigale à Paris, en mai 2017. ©RFI/Edmond Sadaka

Depuis ce week-end, la Toile se déchaîne contre la programmation de deux concerts du rappeur Médine. Le chanteur doit se produire en octobre prochain sur la scène du Bataclan, cette salle parisienne où 90 personnes ont été tuées lors des attentats du 13 novembre 2015. En cause, certains textes du chanteur comme la chanson Don't Laïk sortie en 2015 dans laquelle il invite à crucifier « les laïcards comme à Golgotha » ou des chansons comme Jihad, sortie en 2005.


Depuis ce week-end, la droite et l'extrême droite sont vent debout contre le chanteur. La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen y voit une « incitation au fondamentalisme islamiste ». Le patron des Républicains parle, lui, d'un « sacrilège pour les victimes » et d'un « déshonneur pour la France ».

Du côté des associations de victimes du 13-Novembre, on dénonce la récupération qui est faite des attentats. « Il y a d'abord la réaction et la contestation et la dénonciation de la récupération politique qui est systématiquement faite de ce type de manifestation ou d'événement, explique Philippe Duperron, président de l’association 13 Onze 15. Et ce sont maintenant deux pétitions qui circulent sur les réseaux sociaux. »

Face à la polémique, Philippe Duperron prône la réserve. « Ce qui est clair, c'est que le concert au Bataclan, c'est quand même forcément un vrai sujet. Le Bataclan, sans être sanctuarisé reste inévitablement attaché aux attentats du 13 novembre. Et donc à chaque fois qu'un concert de ce type-là est produit au Bataclan, les victimes s'en émeuvent et sont blessées. Il y a effectivement peut-être une forme de respect des victimes qui pourrait amener à une attention particulière de ce type de concert ».

L'association 13 Onze 15 est actuellement en discussion avec la direction du Bataclan. Elle n'écarte pas une possible demande d'annulation du concert.

Posture similaire pour Life for Paris, une autre association de victimes. « Life for Paris, en tant qu'association de victimes, s'opposera toujours et s'est toujours opposée à toutes les formes de récupération politique des attentats et c'est bien évidemment ce à quoi on a affaire dans cette polémique », souligne Alexis Lebrun, son porte-parole.

« Troubles à l'ordre public »

Le fond de la polémique en revanche divise. Pour Samia Maktouf, avocate de plusieurs victimes, ces concerts représentent un risque de « troubles à l'ordre public ». L'avocate a d'ores et déjà écrit au préfet de police de Paris pour demander l'interdiction des concerts. Ce que ne souhaite pas l'association Life for Paris : « On n'est pas un organe de censure. Chacun est libre d'écouter, d'aimer ou pas, de se rendre au concert ou pas. Nous en tant qu'associations de victimes, on respectera notre rôle apolitique et celui de ne faire aucune censure artistique », affirme Alexis Lebrun.

Et si le texte Don't Laïk centralise aujourd’hui l'attention, Médine est également l'auteur d'une chanson intitulée Bataclan, sortie en 2018.

(Re) lire : Un an après les attentats de Paris, le chanteur Sting rouvre le Bataclan

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