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France Politique française Union européenne Emmanuel Macron

Publié le • Modifié le

Européennes: en France, les partis tentent de se mettre en ordre de bataille

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Panneaux électoraux aux abords d'un bureau de vente, à Paris, lors des élections européennes de 2014. AFP/François Guillot

A un an des élections européennes, l’enjeu est crucial pour La République en Marche, le parti fondé par Emmanuel Macron qui a fait de la refondation de l’Union européenne l’une de ses priorités. De leur côté, les communistes ont trouvé leur tête de liste et les socialistes ont officiellement lancé leur « chantier de réflexion ». A droite et à l’extrême droite, on ne se précipite pas, et pour cause, Rassemblement national et Républicains ont beaucoup à perdre dans ce scrutin.


« De toute façon, on ne gagnera pas, La question, c’est petite ou grande défaite ? » C’est peu de le dire, à droite, on ne croit pas beaucoup à la victoire l’année prochaine. Parce que le parti se remet difficilement de la défaite de François Fillon. « Notre famille politique est toujours en ruines », explique le député LR Christian Jacob.

Egalement parce qu’il va falloir trancher entre deux lignes qui cohabitent depuis des années au sein du parti - eurosceptique et europhile - au risque de perdre encore des troupes. Officiellement, tout sera tranché le 30 juin, lors d’un conseil national dédié à l’Europe

Mais Laurent Wauquiez a donné la semaine dernière quelques pistes et manifestement, c’est la ligne critique qui tient la corde. Dans Le Figaro, le patron de la droite attaque l’Union européenne dénonce une Europe « laboratoire d'une mondialisation déracinée et apatride », à laquelle il oppose une Europe « fière de ses racines gréco-romaines et judéo-chrétiennes ».

Une rhétorique destinée à concurrencer Marine Le Pen qui mise beaucoup sur les Européennes. La présidente du parti d’extrême droite vient de rebaptiser son parti pour faciliter des alliances et l’emporter en 2019. Mais il lui sera difficile de faire mieux qu’en 2014 où le FN avait raflé plus de 25% des voix.

La gauche en ordre dispersé

A gauche, on avance pour l'instant en ordre dispersé. Les communistes ont déjà leur chef de file, Ian Brossat, l'adjoint au Logement de la maire de Paris et espèrent fédérer au-delà de leur camp. Europe-Ecologie-Les Verts cherche aussi à nouer des alliances. Pourquoi pas avec Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon. Des discussions sont en cours.

Au PS, on patauge, alors que cette élection est cruciale pour l'avenir du parti. Le « chantier Europe » n'a été lancé officiellement que ce week-end. Une plateforme numérique recueillera jusqu'en septembre les suggestions des sympathisants. La tête de liste devrait donc être connue à la fin de l'année. De quoi peut-être se donner le temps de trouver un autre candidat que Pierre Moscovici qui divise en interne.

Enfin, La France insoumise qui compte sur ce scrutin pour conforter sa position de première force de gauche, préfère faire cavalier seul et a choisi de constituer d'abord sa liste avec l'aide de ses militants avant de désigner le numéro 1. A défaut d'alliances en France, certains se cherchent des partenaires en Europe pour peser au Parlement de Strasbourg. LFI a signé un accord avec les Espagnols de Podemos et le Bloco portuguais. Même chose pour Benoît Hamon avec le grec Yanis Varoufakis ainsi que des partis polonais, danois et portugais.

LREM: refaire le coup de 2017 ?

A La République en Marche, le parti fondé par Emmanuel Macron, il s’agit de rassembler les pro-européens français et de s’implanter à Bruxelles. Alors que le contexte européen n'est pas favorable, le patron du parti, Christophe Castaner, va lui aussi accélérer sa recherche de soutiens politiques chez ses partenaires européens. Car où atterriront les députés élus à Bruxelles ? Le parti ne se reconnaît pas dans les groupes européens actuels et voudrait créer le sien, mais le phénomène En Marche n'a pas dépassé les frontières. « Il faut se montrer très humble », glisse Pieyre-Alexandre Anglade, le Monsieur Europe de LREM. « Créer notre propre groupe ? A l’instant T, je ne suis pas optimiste », glisse un autre député En Marche qui suit les questions européennes.

D'où la nécessité de trouver des alliés. La liaison est déjà établie avec les Espagnols de Ciudadanos notamment. Christophe Castaner sera en Italie en fin de semaine où il aura des contacts avec le Parti démocrate, avant une tournée européenne à la fin du mois.

Refaire le coup de 2017 ? Après avoir remodelé le Parlement français, Emmanuel Macron rêve d'une recomposition du Parlement de Bruxelles. Il veut pour cela rassembler des Européens convaincus, de « Alain Juppé à Daniel Cohn Bendit ». Associer le centre et la droite modérée, et aller débaucher des socialistes et des écologistes. « Attention à ne pas faire que dans le recyclage de figures de l'ancien monde, il faut de nouveaux visages » met toutefois en garde un député En Marche. Le casting est loin d'être finalisé, c'est même le casse-tête pour trouver une tête de liste.

Chronologie et chiffres clés