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France Israël Iran Benyamin Netanyahu Emmanuel Macron

Publié le • Modifié le

L'Iran au cœur de la rencontre entre Macron et Netanyahu

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Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahu à l'Elysée, le 5 juin 2018. REUTERS/Philippe Wojazer/Pool

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu était ce mardi en France, deuxième étape de sa tournée européenne, où il a rencontré Emmanuel Macron. Une rencontre où il a été notamment question de l'accord sur le nucléaire iranien et les activités de Téhéran au Moyen-Orient.


Pour le président français, l'accord sur le nucléaire iranien doit être préservé même s'il n'a jamais été considéré comme « suffisant et pleinement satisfaisant ». Emmanuel Macron estime qu'il faut le compléter pour l'après-2025, date à laquelle cet accord prend fin, en y incluant un volet sur les activités balistiques de la République islamique et un autre sur ses activités régionales.

Emmanuel Macron prenait la parole aux côtés d'un Benyamin Netanyahu bien décidé quant à lui à faire reculer l'Iran sur tous les fronts et à s'appuyer pour cela sur le retrait des Etats-Unis de cet accord. Selon le Premier ministre israélien, il existe une espèce de symétrie entre l'islam sunnite radical du groupe Etat islamique et d'al-Qaïda et ce qu'il appelle « l'islam radical chiite » qu'il estime instrumentalisé par l'Iran.

La plus grande menace qui pèse aujourd'hui sur le monde, est à mon avis le fait que des armes nucléaires soient en possession d'un régime islamique tel que l'Iran. Les archives sur les activités nucléaires que nous avons récemment découvertes prouvent que l'Iran a menti au monde entier sur son programme nucléaire, et je crois qu'il est temps aujourd'hui d'exercer un maximum de pression contre l'Iran pour mettre un terme à son programme nucléaire.
Benyamin Netanyahu exhorte à la plus grande fermeté face à l'Iran 05/06/2018 - par Nicolas Falez Écouter

Benyamin Netanyahu l'affirme : l'Iran a menti sur ses activités nucléaires lorsqu'il concluait l'accord de 2015. Et selon le chef du gouvernement israélien, Téhéran a utilisé les bénéfices économiques de l'accord pour tenter de conquérir la région. « Ça a été un gigantesque distributeur de cash... et ils ont pris cet argent pour essayer conquérir le Moyen-Orient. C'est ce qu'ils ont fait au Yémen, en Syrie, au Liban et maintenant à Gaza... Si le but de l'accord était de rendre l'Iran plus modéré alors on a vu le résultat opposé: l'accord a donné à de l'argent à l'Iran pour construire l'empire», a assuré Benyamin Netanyahu.

En évoquant l'expansionnisme iranien, c'est entre autres à la Syrie que le Premier ministre israélien fait allusion. Il cite les dizaines de milliers d'hommes des milices chiites commandées par l'Iran qui se battent aux côtés des forces du régime de Bachar el-Assad. De son côté, Emmanuel Macron se projette dans une reconstruction politique du pays, un travail sur la constitution de futures élections. Mais pour Benyamin Netanyahu, il n'y aura de Syrie reconstruite que si l'Iran quitte définitivement la Syrie.

Concernant l'accord de 2015, Benyamin Netanyahu dit qu'il n'est pas venu demander à Emmanuel Macron de sortir de l'accord nucléaire. « Je n'ai pas demandé à la France de se retirer de l'accord, il va se vider de sa substance lui-même », affirme M. Netanyahu.

Le brûlant dossier israélo-palestinien

Autre sujet brûlant évoqué par les deux dirigeants : le dossier israélo-palestinien, après les tirs israéliens qui ont fait des dizaines de morts palestiniens le mois dernier dans la bande de Gaza. Pour Benyamin Netanyahu, l'Etat hébreu n'a fait que se défendre face à des émeutes violentes « organisées par le Hamas ».

« Ce qu'ils veulent, c'est pénétrer en Israël et capturer des civils ou des militaires juste de l'autre côté de la clôture frontalière. Et ce ne sont pas des civils qui font ça », affirme le Premier ministre israélien. « Les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent. Nous avons le droit de nous défendre et nous exerçons ce droit. Nous essayons de le faire sans qu'il y ait de morts, mais nous n'y parvenons pas, car le Hamas veut que ces personnes soient tuées », poursuit-il.

Emmanuel Macron a de son côté redit son opposition aux actions unilatérales, alors que les Etats-Unis viennent de transférer leur ambassade en Israël à Jérusalem. Pour le président français, le moment n'est donc pas venu de reconnaître officiellement la Palestine. « Ce serait vu comme une réaction à un autre acte unilatéral, qui a mes yeux est une erreur, qui est l'acte américain consistant à faire de Jérusalem la capitale. L'expérience des dernières semaines a montré une chose : l'unilatéralisme irrespectueux des positions des autres crée la violence », estime Emmanuel Macron. Pour le président français, c'est sur le terrain et avec un engagement des parties qu'une solution peut être trouvée. « Au moment qui sera le bon, la France œuvrera pour agir. »

Après Paris, Benyamin Netanyahu est attendu à Londres ce mercredi pour la troisième et dernière étape de sa tournée en Europe.


Une manifestation clairsemée contre Netanyahu

A quelques pas du Grand-Palais, où Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahu ont inauguré la Saison culturelle France-Israël, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre la venue en France du Premier ministre israélien.

On trouve assez lamentable que notre président reçoive des gens qui ont du sang sur les mains. Ce n'est pas lui qui tué les Palestiniens, mais il a cautionné une action qui été engagée par son armée.
Reportage: manifestation contre Benyamin Netanyahu 05/06/2018 - par Pierre Olivier Écouter

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